Hainaut C’est l’idée soutenue par le député-bourgmestre d’Hensies Eric Thiébaut (PS).

Le ministre des Transports François Bellot (MR) a récemment évoqué son désir de créer une ligne ferroviaire directe entre la Wallonie et la capitale française. Celle-ci démarrerait de Namur pour se diriger vers Charleroi et Maubeuge avant de poursuivre vers Paris. Mais les restrictions budgétaires du côté français ont rapidement mis un frein à ce projet.

Voilà pourquoi le député Eric Thiébaut (PS) émet l’idée de rétablir le Thalys sur la dorsale wallonne, comme ce fut le cas jusqu’à la suppression de la ligne au printemps 2015. "Ça ne demande pas d’investissement et de création de ligne, affirme le bourgmestre d’Hensies. Je me suis renseigné auprès du personnel technique d’Infrabel et de la SNCB qui m’a confirmé qu’il n’y avait pas de problème technique. C’est une volonté politique. J’ai du mal à comprendre pourquoi Mons devrait être puni comme ça."

Selon lui, revenir en arrière au précédent modèle (une ligne Liège-Namur-Charleroi-Mons qui prenait les rails à grande vitesse avant la frontière près d’Antoing pour filer vers Paris) pourrait être l’alternative idéale à cette ligne Namur-Paris. "Ce Thalys wallon, qui partait une fois le matin et revenait le soir chaque jour à Mons, était très pratique pour les habitants de la région qui voulaient aller à Paris. Il ne fallait qu’1 heure et 15 minutes pour aller jusqu’à Paris."

Eric Thiébaut voudrait donc unir les autres élus montois autour de cette idée. "En particulièrement les membres du MR, le parti du ministre Bellot."

Nuances

Le conseiller communal montois Georges-Louis Bouchez (MR) partage cette envie mais veut nuancer. "Rétablir ce Thalys n’est pas la solution. Il faut trouver une formule plus efficace que l’offre ancienne et plus rentable, estime-t-il. Eric Thiébaut oublie aussi que le Thalys est devenu en mars 2015 une société indépendante qui ne doit plus nécessairement remplir une mission de service public."

"C’est davantage du transport commercial, comme le sont les avions, poursuit Georges-Louis Bouchez. La seconde chose est qu’il existe des alternatives. Des liaisons sont d’ailleurs à l’étude pour permettre un passage par Mons sans nécessairement remettre en route ce Thalys wallon. Car cette solution n’était pas rentable et surtout avec un Thalys qui roulait à la même vitesse que les autres trains vu que les voies ne sont pas adaptées jusqu’à Antoing. Il aurait aussi fallu qu’il arrive de Paris non pas le soir, mais le matin pour les hommes d’affaires par exemple."