Hainaut Le futur bourgmestre de Mons revoit son timing et reporte l'échéance pour stopper son cumul

Selon le décret sur le décumul des mandats , Nicolas Martin (PS) peut exercer simultanément son actuel mandat de député wallon et son futur mandat de bourgmestre de Mons. En 2014, son taux de pénétration était suffisamment conséquent pour porter la double casquette.

Depuis lors, le Parti socialiste a lui-même adopté des règles en son sein en vue d’interdire à un élu PS de cumuler une fonction parlementaire avec un mandat exécutif (bourgmestre, échevin et président de CPAS) au sein d’une commune de plus de 50.000 habitants. Pour Nicolas Martin à Mons, l’heure est donc au choix.

D’autant qu’il avait annoncé en juin 2017, avant la réforme statutaire du PS donc, que "son choix interviendra dès 2018" à la suite des élections communales. Élu bourgmestre le 14 octobre, il revoit son timing pour stopper son cumul. "Je fais le choix de dire que je me consacrerai à 100 % à mon mandat de bourgmestre, comme je l’ai annoncé aux Montois lors de la campagne électorale", rétorque Nicolas Martin. Oui mais en poursuivant ses activités de député wallon et à la Fédération Wallonie-Bruxelles jusqu’aux élections de mai 2019.

"Je termine le mandat pour lequel j’ai été élu, j’ai encore six mois et puis je serai bourgmestre à temps plein. J’ai des dossiers en cours que je souhaite voir aboutir. Et comme je l’ai annoncé, je ne serai pas candidat aux élections de 2019. Il faut aussi se souvenir qu’en 2012, alors que j’étais bourgmestre faisant fonction de Mons, j’ai décliné une proposition de siéger comme député fédéral, contrairement à Georges-Louis Bouchez qui, dès qu’il en a eu l’occasion, a filé à Namur et à Bruxelles."

D’ailleurs pour ce dernier, sorte de poil à gratter du PS montois, ce refus de décumul immédiat passe mal. "Il avait dit qu’il décumulerait dès les résultats des élections communales", assène Georges-Louis Bouchez. "C’est irresponsable ! D’autant plus que les sept à huit premiers mois d’une mandature communale sont extrêmement importants en vue de mettre en place des projets et d’installer les politiques qui seront mises en œuvre. Ce n’est vraiment pas un bon signal envoyé !"

La charge de travail pour cumuler le mayorat montois et celui de député était aussi un argument de Nicolas Martin lorsqu’il militait pour le décumul des mandats en fonction de la taille des communes au sein du PS. Quid aujourd’hui ? "Mon prédécesseur l’a fait pendant 18 ans, d’autres bourgmestres l’ont fait aussi et ils ont tenu le coup. On parle ici de quelques mois. À l’aube d’une nouvelle législature à Mons, il est triste de constater que les priorités de monsieur Bouchez semblent être ailleurs. J’ai d’autres priorités à régler", a conclu Nicolas Martin.