Hainaut François Mansy estime que sa vie privée n’a pas été respectée.

François Mansy est abattu et en colère. Il y a quelques jours, il apprenait que tout ce qu’il avait confié à sa psychologue, active au sein de l’ASBL Parenthèse - qui propose une aide psycho-médico-sociale aux personnes toxicomanes - pouvait sortir des murs de son cabinet grâce au concept de secret professionnel partagé. Une pratique dont François Mansy n’était pas au courant.

Ce dernier, qui souffre de diverses pathologies lourdes, ne digère pas cette trahison. "J’ai l’impression d’avoir été souillé. J’ai raconté à cette psychologue des choses que je n’avais jusqu’ici jamais exprimées et j’apprends qu’elle le répète à qui veut bien l’entendre", dénonce-t-il. Une plainte a déjà été déposée auprès de l’Ordre des médecins. D’autres devraient suivre, à l’encontre cette fois de la psychologue, d’un médecin et du conseil d’administration.

"L a première plainte fait suite au refus d’un médecin de tenir compte de l’ensemble de mes pathologies pour la prescription de méthadone, dont j’ai réellement besoin." A l’issue de ce premier souci, le Montois a annoncé à sa psychologue sa volonté de changer de médecin afin de poursuivre sa désintoxication. "J’ai dit que je ne me sentais pas soutenu et que je cherchais quelqu’un d’autre. Quelques jours plus tard, j’étais convoqué par l’équipe thérapeutique, qui m’a annoncé qu’il y avait une rupture de confiance."

Abus de pouvoir

Quelques minutes seulement auront suffi à François et à sa mère pour comprendre que le secret professionnel avait été rompu. "Ils ont affirmé qu’ils pratiquaient le secret professionnel partagé, sans même que mon fils ne soit au courant. L’accord du patient est pourtant une obligation préalable, insiste Nadia Dupont. C’est tout simplement scandaleux. Des personnes qui ne sont pas soumises au secret professionnel ont pu prendre connaissance de propos tenus par mon fils à la psychologue."

Et d’aller plus loin : "Il s’agit d’abus de pouvoir. Car ce secret partagé n’est pas utilisé à des fins thérapeutiques mais pour mettre la pression et pour renvoyer mon fils du centre. Ils ne voient aucun souci à leur façon de fonctionner, qui est pourtant totalement illégale." Aujourd’hui, François et Nadia tentent de recueillir des témoignages de personnes ayant elles aussi rencontré des problèmes avec l’ASBL. Nous avons tenté d’entrer en contact avec la directrice et le responsable thérapeuthique, sans succès.