Hainaut Elections communales 2018: à la rencontre de Paul Furlan (PS), bourgmestre de Thuin.

Nous avons rencontré Paul Furlan (PS), le bourgmestre de Thuin qui se représente en tête de liste pour les élections communales d’octobre. Entre son poste de bourgmestre, sa démission comme ministre wallon, l’éjection du MR de la majorité, ses passions, ses projets, une vie bien remplie.

Quelle est la tâche que vous préférez faire dans votre fonction de bourgmestre ?

"Le bourgmestre, c’est à la fois une fonction de prestige et une fonction de gestionnaire. Ce que je préfère, c’est ce côté chef d’équipe, d’arbitre. J’ai ce rôle de motiver l’équipe, donner confiance, prendre des décisions."

Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans votre rôle ?

"Ce que je déteste le plus c’est de devoir me séparer d’un membre de mon équipe. Je gère Thuin comme une entreprise, quand ça ne va pas, il faut faire un choix. Je n’aime pas non plus être confronté à la mauvaise foi, comme celle de l’opposition."

Que s’est-il passé avec le MR et son éjection de la majorité ?

"J’ai souhaité donner un siège à IC et un siège au MR, je voulais que l’on travaille ensemble. Mais j’ai constaté qu’il y avait des conflits avec certains membres du MR. Je ne pouvais pas travailler dans le conflit, ce n’était plus possible avec certains. Je ne veux pas stigmatiser un parti, il y en a que j’apprécie beaucoup. Mais il me faut des gens de confiance."

Comment voyez-vous votre avenir ?

"Tout d’abord, je me représente comme candidat bourgmestre. J’ai sûrement l’équipe le plus belle que je puisse avoir. Après ce mandat, j’aurai mis en place une équipe très motivée, il y a des gens très aptes à devenir un jour bourgmestre et c’est ainsi que je prépare l’avenir. Il ne faut jamais dire : ‘Fontaine je ne boirai pas de ton eau.’ Mais ça sera mon dernier mandat de bourgmestre. Je prendrai du recul ensuite, mais je ne vais pas disparaître."

Quel aurait été votre choix entre bourgmestre et ministre ?

"Je regrette la manière dont ça s’est passé, mais je voulais me consacrer à ma commune depuis longtemps. Cette vie de ministre a été très enrichissante mais aussi très destructrice, on se coupe de beaucoup de choses. Je n’aime pas le pouvoir au point d’en sacrifier ma vie. Je comptais attendre les résultats de ces élections et ensuite me replier si j’étais réélu bourgmestre."

Quelle est votre plus grande fierté ?

"Ma plus grande fierté est d’avoir contribué à avoir replacé Thuin sur la carte de la Wallonie. C’est à présent une ville motrice dans plusieurs domaines."


La promesse

"Mes promesses sont dans le programme que nous avons mis en place. J’ai un programme qui est concret et finançable avec 23 propositions. Je ne vais pas en retirer une, si je suis de nouveau élu bourgmestre de Thuin, les 23 propositions seront faites au terme de la législature. Pas une ne sera laissée sur le côté. Je promets également de ne jamais déstructurer tout ce qui créé des liens sociaux et de la solidarité dans la population. Thuin est une ville où il y a beaucoup de services : l’académie de musique, le centre culturel, la bibliothèque, les clubs sportifs, le folklore. C’est essentiel et il ne faut pas déstructurer ces liens de solidarité. Ce que je promets surtout c’est de ne jamais mentir aux Thudiniens."

Les projets

Des projets, le bourgmestre en a proposé 23 pour 23 candidats. Si chacun d’entre eux est important, quelques projets restent plus urgents. "Au niveau des infrastructures, le projet qui me tient le plus à cœur est le devenir de l’abbaye d’Aulne, c’est un centre touristique important, il faut que ça se développe. Le chantier naval est également urgent car il pourrait développer toute une zone de la ville de Thuin." Le programme avec les 23 engagements pour la prochaine mandature prévoit également un nouveau plan de mobilité, obtenir les documents administratifs en ligne, posséder un chapiteau communal, etc. Les personnes à mobilité réduite sont aussi au centre des préoccupations, un projet serait de créer un bureau Handicontact.


La priorité

Dans les futurs projets, certains sont prioritaires pour Paul Furlan. Il est notamment très sensible aux problèmes que rencontrent les jeunes dans la société. "J’y suis sensible car j’ai des filles de cet âge-là. Il faut les aider pour trouver de l’emploi. Pour cela, ça passe par du wi-fi gratuit dans tous les villages, par une maison de l’emploi, par la mobilité également." Ces dernières années, différentes infrastructures ont été rénovées, la priorité pour le bourgmestre est de garder ces nouveaux projets en bon état. "Maintenant, c’est de l’entretien, de l’embellissement et de la propreté."

Le mea-culpa

En 2012, Paul Furlan prend une décision qui change le fonctionnement de la majorité, un système démocratique. Mais comme toute décision, certaines ne fonctionnent pas. "En 2012, nous avons eu la majorité absolue lors des élections communales. J’ai décidé de travailler avec un fonctionnement démocratique et d’ouvrir la majorité à plusieurs partis. J’ai offert un siège à la liste IC et au MR. Mais ça n’a pas fonctionné avec le MR, pour cause de conflits. Le les ai retirés de la majorité l’année dernière. Ça a été un échec mais c’est ce qui fait grandir l’homme."