Hainaut

A l'initiative du service de prévention de la ville de Mons et de «Liaison Antiprohibitionniste», une journée d'étude franco-belge s'est déroulée à Tournai sur le thème des «Plaisirs transfrontaliers». Ce colloque devrait déboucher sur une publication au début de l'année 2006.

C'est à dessein que le colloque intitulé «Plaisirs transfrontaliers: quelles politiques publiques lorsque l'on aborde l'usage festif de drogues», s'est tenu vendredi au stade Luc Varenne à Tournai.

Le Tournaisis est sans conteste la région de Belgique accueillant le plus grand nombre de discothèques au km2 et surtout les plus gros mégadancings. Pour divers motifs, la clientèle française y est très importante. «En France, le système est à la fois plus répressif mais aussi plus sécuritaire, surtout depuis la venue de Jacques Chirac au pouvoir. La France applique également une politique plus restrictive que la Belgique en matière de réglementation des événements festifs", commente Bruno Valkeeneers, de l'association bruxelloise "Liaison Antiprohibitionniste».

Essentiellement le week-end, le flux de Français traversant la frontière pour venir «s'éclater» dans le Hainaut occidental est considérable. «Les restrictions ont largement influencé les Français à venir en Belgique. Il y a d'abord le facteur culturel, la Belgique étant reconnue comme plus festive. Il y a ensuite le facteur économique, les entrées des discothèques et le coût des consommations étant nettement moindre. D'autre part, il y a la législation qui est plus drastique en France qu'en Belgique. Enfin, la Belgique fait figure de précurseur en matière musicale, nous sommes 5 à 6 mois à l'avance sur ce qui sort en France», poursuit le responsable de l'association.

Une septantaine de personnes, venues de Belgique et de France, ont participé à cette journée de travail à Tournai. Des professionnels de la santé et des soins mais aussi de la prévention, des acteurs de la scène techno, des sociologues et ethnologues, des juristes... mais aussi monsieur tout le monde ont suivi ce colloque. Chaque intervention a été suivie d'un débat avec le public.

Fondée il y a 15 ans, subsidiée depuis le début par la Région de Bruxelles-Capitale et depuis 2005 par la Région wallonne, l'association «Liaison Antiprohibitionniste» est à la fois un centre de documentation et d'infos, organisatrice de colloques et se présente comme une alternative à la prohibition de la drogue. «Sous réserve de financement, les interventions et les conclusions de ce colloque seront publiées fin du premier trimestre 2006. L'ouvrage sera diffusé auprès de la presse, des professionnels, des parquets, de la police et des ministres», conclut Bruno Valkeeneers. (Belga)

© La Libre Belgique 2005