Plus de 7 000 chômeurs menacés par la réforme

D.A. Publié le - Mis à jour le

Hainaut

Les sanctions se multiplient contre les demandeurs d’emploi. En région de Charleroi-Sud Hainaut où près de 200 chômeurs sont invités chaque jour à l’Onem à un contrôle de leur disponibilité, la réforme des allocations va en précipiter des centaines et des centaines d’autres en dessous du seuil de pauvreté. "On peut en évaluer le nombre à plus de 7 000 dès le 1 er novembre. Avec un impact financier désastreux pour leur pouvoir d’achat : de quelques dizaines d’euros à plusieurs centaines" , selon le secrétaire de la régionale FGTB Daniel Piron en charge de la gestion de la caisse de chômage et responsable politique de l’animation interprofessionnelle.

Cette menace a amené les organisations syndicales à se mobiliser. Pour en informer ses membres, la régionale FGTB vient de lancer une campagne inédite en Hainaut : "Dans notre zone, 3 200 bénéficiaires vont être invités à participer à nos assemblées collectives d’information qui vont s’étaler jusqu’à la fin août, à raison d’une à deux séances par semaine", annonce-t-il. Ces bénéficiaires sont ceux qu’une réduction de leurs revenus de remplacement menace à très court terme.

Si l’on ajoute les affiliés des caisses de paiement de chômage de la CSC, de la CGSLB et de la Capac, on peut considérer qu’ils seront entre 7 000 et 8 000 de toutes les catégories (chefs de ménage, cohabitants, isolés) à faire les frais de l’opération.

Pour la première assemblée de la régionale FGTB, l’inquiétude et la tension n’ont pas manqué d’agiter les participants, une trentaine sur 150 bénéficiaires invités. Jusqu’où iront les sanctions financières et comment seront-elles appliquées ? Ces deux thèmes ont été au cœur d’un débat d’une durée de deux heures où le secrétaire régional a appelé à la mobilisation pour combattre cette réforme. "Une manifestation est programmée le 14 septembre à Bruxelles. Plus nous serons nombreux à descendre dans la rue, mieux notre message sera reçu par l’exécutif fédéral que préside Elio Di Rupo."

Daniel Piron estime que comme le contrôle à la disponibilité des chômeurs, le renforcement de la dégressivité de leurs allocations va en précipiter des centaines en dessous du seuil de pauvreté. "S’imaginer que la réforme va favoriser le retour au travail de l’ensemble des chômeurs, c’est méconnaître la réalité de la situation locale. A Charleroi, il y a un emploi à pourvoir pour 40 demandeurs."

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