Hainaut L’aire d’accueil pour gens du voyage n’enchante pas tout le monde dans un quartier de Mouscron.

En tant que ville située à la frontière entre la Belgique et la France, Mouscron assiste parfois, de loin, à l’arrivée de gens du voyage sur des terrains de sport ou autres.

Récemment, ce fut le cas à l’arrière de la rue Henri Duchâtel. D’ici à quelques mois, les riverains de cette rue du Risquons-Tout ne devraient plus vivre ce genre de situation, qui suscite parfois certaines craintes.

Et pour cause, d’ici à quelques mois, la ville de Wattrelos (F) va devoir créer une place d’accueil pour les gens du voyage. "C’est une obligation qui concerne les villes françaises qui dépassent un certain nombre d’habitants. D’ici à la fin de l’année, il y aura donc de la place pour 24 caravanes à proximité du parc du Lion", explique Henri Gadaut, adjoint au maire de Wattrelos (F), en charge des Gens du voyage.

Du coup, la situation se déplacera du côté de Herseaux Ballons, à l’arrière de l’institut pour personnes handicapées Montfort et aux alentours de cette zone. "Cela ne fait que déplacer le problème, mais c’est ainsi. Nous avons eu l’occasion de consulter le dossier et d’émettre un avis. Mais nous n’avons pas le droit de nous y opposer. Sans que l’on puisse y voir d’amalgames, il faut bien avouer qu’en général on ne souhaite pas avoir, du jour au lendemain, un camp pour gens du voyage juste en face de sa fenêtre, que ce soit pour des raisons de sécurité ou autres", commente Alfred Gadenne.

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En concertation avec plusieurs habitants herseautois concernés et la police, la ville de Mouscron a donc fait une demande, plutôt interpellante, pour offrir un peu de quiétude aux riverains. "Nous avons demandé qu’un mur soit apposé autour de ce camp du côté de la frontière belge. Ainsi, les gens ne pourront pas avoir d’accès immédiat avec la Belgique. Ils devront faire le tour et ne viendront donc pas systématiquement. Le but n’est pas de cacher ces gens, mais bien de mettre en place un dispositif plus sécurisant. Ce sont notamment les riverains de la rue de Montfort et du sentier des Gardons", explique le bourgmestre hurlu.

Le mur en question serait plutôt une palissade en béton d’une hauteur de 2,40 m, selon Henri Gadaut. "L’entrée se fera via le boulevard Pierre-Mauroy. Le but est de répondre à des obligations légales, en offrant un site d’accueil présentant plus de confort, notamment en termes d’hygiène, aux gens du voyage. Ceci fait partie de la loi Besson, qui impose aux villes de plus de 5.000 habitants de prévoir des emplacements de séjour pour les nomades", précise l’élu français.

Faut-il faire un mur pour se protéger de la communauté rom ?

Marie,  26 ans, Mouscron: " Il y a du pour et du contre…. C’est bien pour protéger la vie privée des riverains, mais c’est une mauvaise façon de faire. Cacher la vérité, la dissimuler derrière un mur, cela semble étrange."

Michael,  27 ans, Herseaux: " Je pense que ce mur c’est surtout une décision anticipative de la part de la ville, par rapport aux réactions des citoyens. C’est peut-être une manière de montrer que ce n’était pas leur choix de construire cette aire d’accueil."