Hainaut

La première pierre d'une unité de biométhanisation destinée à produire de la chaleur et de l'électricité notamment à destination de bâtiments communaux a été officiellement posée vendredi à Thuin. Bourgmestre de Thuin et président de la conférence des bourgmestres de Charleroi Métropole, Paul Furlan a inscrit cette initiative dans l'ensemble de celles déjà prises à Thuin, notamment avec son projet "zéro déchet", et son plan communal de développement durable instauré en 2016.

L'unité de biométhanisation qui doit fonctionner dès juillet prochain met en œuvre le processus naturel de dégradation des matières organiques et la production de biogaz, ainsi que de "digestat", un fertilisant agricole sans odeur. L'installation est alimentée par des effluents agricoles provenant d'exploitations agricoles thudiniennes, pour produire de la chaleur et de l'électricité, et réutiliser l'amendement naturel.

Sa conception est le fruit d'un partenariat PPP (Public-privé-citoyen), avec un apport privé à hauteur de 4 millions, et un investissement de 700.000 euros de l'IPFH (Intercommunale pure de financement du Hainaut). L'investissement citoyen pourra se concrétiser dès la mise en œuvre du projet, l'été prochain, par l'achat de parts de coopérateur dans Walvert, concepteur de cette unité.

Les éléments entrants, à hauteur de 12.000 tonnes par an, seront composés pour moitié de fumier et de lisier, pour 25% d'ensilage de maïs, et pour 17% de déchets végétaux, le solde provenant de matières impropres à la consommation. 80% du volume des matières entrantes ont fait l'objet de lettres d'intention signées avec les agriculteurs intéressés par le projet.

Pour ce qui est des nuisances, elles ont été réduites au minimum, a-t-on expliqué. Le charroi, uniquement de jour, se limitera à un tracteur supplémentaire par jour. Pour répondre aux problèmes éventuels de nuisance, les lisiers seront stockés dans une fosse étanche, le fumier dans un hangar fermé, le "digesteur" où fermentent ces matières étant encapsulé.

Cette unité de biométhanisation va permettre l'injection de 5.000 mégawatts/heure dans le réseau chaleur, notamment à destination du service des travaux et du hall polyvalent communal, ce qui doit, prévoit-on, engendrer une économie de 10 à 50% par rapport aux coûts actuels du chauffage au mazout. La valorisation en électricité assurera une production équivalente à celle de 1.500 ménages, injectée par le réseau du distributeur Ores. Cette production d'énergie est équivalente à celle de deux éoliennes, a-t-on indiqué.

Des projets équivalents sont à l'étude, notamment, sur les territoires de Nivelles et de Froidchapelle.