Hainaut

Espace bibliothèque, bacs, coin spécifique pour chaque activité : depuis septembre 2017, l’école fondamentale autonome de Quevaucamps (Fédération Wallonie-Bruxelles) est passée à l’heure Ecolaborative. C’était une première dans la région et Laplaigne a désormais emboîté le pas. Ce système vise à inclure des classes alternatives dans des écoles dites traditionnelles. Il s’agit de faire cohabiter des élèves d’âges différents. Ce lundi, la ministre de l’Éducation, Marie-Martine Schyns, sera en visite à Quevaucamps.

"Nous avions débuté l’an dernier avec les maternelles, confie Sylvia Spitalieri, la directrice. Et depuis cette rentrée, nous avons inclus les primaires, de la première à la quatrième. En maternelle, 45 élèves sont encadrés par deux institutrices, Mmes Ludivine et Nathalie et pour les primaires, nous avons 21 élèves pour une enseignante, Mme Audrey. Les programmes scolaires doivent être respectés. Ici, c’est la pédagogie qui est différente. La méthode tend à développer à la fois l’autonomie de l’enfant et la coopération. Toutes nos autres classes sont dites traditionnelles, car il n’y a aucune obligation à mettre son enfant en classe Ecolaborative. Mais pour l’ensemble de l’école, la philosophie de travail est la même . Ainsi, les élèves de sixième primaire s’occupent parfois des maternelles et leur proposent de la lecture ou une découverte scientifique puisque l’école a aussi un projet tourné vers les sciences."

Une forte implication des parents

Le lancement d’Ecolaborative répondait à une demande de certains enseignants et aussi des parents, qui participent activement à la vie des classes, par la création de matériel, via des ateliers ou en présentant leur profession.

Les enfants progressent à leur rythme. Ecolaborative permet aux élèves de revenir sur certains apprentissages et d’en découvrir de nouveaux. "La classe est flexible, explique Mme Audrey. L’enfant prend part à un groupe de travail et peut choisir son activité. Les élèves reçoivent un résumé de ce qu’ils ont à faire et l’enseignante passe d’un groupe à l’autre. Une institutrice vient aussi donner dix périodes de lecture pour les élèves de première primaire. Nous insistons beaucoup sur les manipulations et la créativité dans les apprentissages, sur l’entraide. " L’aspect ludique est aussi mis en avant.

Comme d’autres, Mme Audrey a dû se former… à ses frais. Les enseignantes souhaitent d’ailleurs sensibiliser la ministre à cette problématique des moyens qui freine peut-être encore un peu le développement d’Ecolaborative.