Hainaut Le bourgmestre a recruté sur sa liste Julien Kaibeck, le chroniqueur d’"Un gars un chef"(RTBF) spécialisé dans la cosmétique naturelle

D’aucuns seront tentés de réduire Julien Kaibeck au people de la liste du bourgmestre de Silly. Le 13e candidat ayant choisi de faire sa toute première campagne électorale aux côtés de Christian Leclercq est bien plus qu’une personnalité médiatique. Il suffit de parcourir son CV pour s’en convaincre.

Après un régendat en langues germaniques et une licence en sciences politiques à la Fucam, ce touche-à-tout a vécu en Californie où il a rejoint un ami exploitant des centres de bien-être et de soins. "Là-bas, je me suis formé à la cosmétologie avant de me spécialiser dès mon retour au pays comme consultant en soins naturels mais aussi en aromathérapie (huiles essentielles) que j’ai enseignée pour la société Pranarom basée à Ghislenghien."

Dans la foulée, Julien Kaibeck a publié un livre, Adoptez la slow cosmétique, qui est rapidement devenu un best-seller, avant de créer sa propre ASBL pour promouvoir les produits de beauté bio et artisanaux issus du terroir. "Des études ont montré que 85 % des cosmétiques vendus sur le marché contiennent au moins un agent nocif pour la santé ou l’environnement."

Vivant de ses ouvrages et de ses conférences, notre interlocuteur est également devenu chroniqueur bien-être, d’abord sur RTL-TVI dans l’émission radio Vivre Ensemble aux côtés de Caroline Fontenoy. Avant de faire ses premiers pas en TV dans Sans chichis, puis dans le talk-show culinaire Un gars, un chef.

Depuis 2012, il milite pour une consommation alternative et écologique des produits cosmétiques.

Les observateurs de la vie politique locale se poseront sans doute la question de savoir pourquoi Julien Kaibeck ne figure pas sur la liste Ecolo. "Que je sache, le parti Ecolo n’a pas le monopole de l’écologie. Je connais des socialistes et des libéraux qui ont des positions très environnementalistes. Je n’ai aucun doute sur le fait que le MR soit ouvert à ces questions fondamentales pour l’avenir de notre planète."

L’intéressé s’explique justement quant à sa présence sur la liste LB.

"C’est le bourgmestre lui-même et quelques candidats historiques de sa liste qui m’ont contacté, pas l’inverse. Donc la question ne s’est pas posée. J’ai accepté leur proposition à condition de pouvoir rester candidat indépendant, et de pouvoir incarner certains projets innovants en matière d’environnement, de mobilité et de promotion du slow food déjà présents à Silly. Idéologiquement, je trouve que la politique libérale, sociale et culturelle menée par le bourgmestre est bienfaisante pour Silly, et ce, depuis de nombreuses années."

Leur slogan de campagne faisait sens à ses yeux aussi. "‘Allons plus loin’ veut dire qu’un bon boulot a déjà été accompli, mais qu’on peut encore aller plus loin dans certaines matières. J’ai été d’accord avec cela dès le départ, et je ne le regrette pas."

"C’est dingue !"

"Je suis d’une nature plutôt optimiste mais, comme tout le monde, j’ai de nombreux coups de gueule. Le principal concerne les déchets que l’on continue à jeter dans la rue ou dans la nature. C’est absolument dingue, mais beaucoup de Belges jettent encore régulièrement une canette ou un déchet par la fenêtre de leur voiture. Ce déchet va polluer et enlaidir les abords de la route. Une simple canette peut abîmer une machine agricole ou blesser une vache. C’est idiot. Je roule beaucoup en voiture à cause de mon travail, et bien souvent, j’y mange ou j’y bois, mais je peux vous garantir qu’il n’est pas compliqué d’avoir un sac prévu à cet effet dans l’habitacle, ou de laisser les déchets sur le sol du véhicule pour les jeter à la poubelle une fois rentré à la maison."

Le covoiturage en avant

En tant qu’usager du rail, Julien Kaibeck a également fait de la mobilité un cheval de bataille.

"Quand je me rends à Paris au départ de la gare de Silly, c’est un parcours du combattant pour trouver une place de parking. Le manque de sécurisation du parking vélos pose lui aussi problème." D’où l’importance pour JK d’encourager le covoiturage comme il l’a fait en créant un groupe sur Facebook ainsi que d’autres initiatives privées telles que l’aménagement d’un espace de coworking sur la place de Silly ainsi que le recours au télétravail. "Voilà un concept qui, avec l’accord de l’employeur, permet de réduire considérablement les déplacements en voiture et donc les embouteillages et la pollution."

Sept priorités

Dans le cadre de son engagement politique sur la liste d’ouverture du bourgmestre candidat à sa propre succession, Julien Kaibeck s’est fixé sept priorités. Outre la nécessité d’une mobilité pour tous (voir ci-dessous), ce dernier entend agir dans le domaine de l’environnement et des déchets en œuvrant pour des chemins plus propres, moins de plastiques et plus de biodiversité grâce à la création d’un groupe citoyen pour la propreté. Son ambition est aussi de promouvoir une agriculture ouverte en renforçant les échanges avec les fermes locales pour comprendre et encourager leurs activités en pleine évolution. Sa dernière priorité concerne le commerce local et le slow food afin que chacun puisse en ressentir les bénéfices concrets au quotidien.