Hainaut Jacques Eloi pousse un coup de gueule contre la SNCB et le ministre de la Mobilité.

Chaque matin et chaque soir, Jacques Eloi emprunte la ligne 96 qui relie Braine-le-Comte à Bruxelles-Midi (20 à 25 minutes de trajet en temps normal). À force de subir des retards, le Brainois s’est mis à compter la moindre minute perdue des différents trains dans lesquels il monte.

"Tout a commencé après la mise en place du plan de la ministre Galant en 2015. Du jour au lendemain, c’est devenu une catastrophe", déplore Jacques. Dès qu’il en a l’occasion, Jacques demande des attestations de retard et répertorie tous les problèmes de ponctualité dans un carnet. Selon ses calculs, Jacques aurait subi un total de 46 heures et 28 minutes de retard depuis la mise en place du plan de transport en 2015.

" Et si l’on examine l’évolution, on dirait plutôt que ça a tendance à empirer", peste le Brainois qui a contacté à maintes reprises la SNCB et le ministère de la Mobilité pour faire part de ses constatations. "Mais il n’y a aucune amélioration ni aucune adaptation . Pourquoi la SNCB n’a-t-elle encore rien fait pour au moins adapter ses horaires ? Par exemple, si un train part systématiquement avec 3, 4, voire 5 minutes de retard même s’il est arrivé à l’heure à quai, pourquoi ne modifie-t-on pas son heure de départ ?", s’interroge-t-il.

Jacques interpelle donc les autorités en posant plusieurs questions qui restent jusqu’à ce jour sans réponse. "Pourquoi ces retards quasi quotidiens depuis trois ans sur la ligne 96 ? Qu’en est-il de l’audit du ministre Bellot sur les lignes à problèmes lancé depuis pratiquement un an ? Quelles solutions a-t-il apportées à la ponctualité sur la ligne 96 ?"

Le cabinet du ministre de la Mobilité François Bellot (MR) reconnaît en tout cas l’existence de ces problèmes de retard. "Le ministre suit l’évolution des chiffres de la ponctualité de très près, cela reste une de ses priorités, explique le porte-parole du ministre. L’année dernière, il a fait appel à des experts pour travailler sur les lignes problématiques, dont la 96. La SNCB et Infrabel exécutent en ce moment ce plan, mais les chiffres de ponctualité restent insatisfaisants. Le ministre a donc demandé cet été qu’un autre plan d’action soit lancé."

Visiblement, le problème de Jacques et des nombreux navetteurs de la ligne 96 n’est pas encore résolu. Les nouveaux horaires du plan de transport qui entrera en vigueur le 10 décembre 2017 apporteront peut-être des améliorations dans ce sens.