Hainaut

1.023, c’est le nombre de voix récoltées par Jean-Michel Vandecauter en 2012. Pour sa première expérience en politique, il avait récolté le 8 e score de la liste PS, mais n’avait finalement pas décroché de poste d’échevin, question de mixité. Six ans plus tard, il se retrouve sur la liste Ensemble, regroupant des candidats d’horizons politiques distincts.

“Ce qui m’a plu, c’est la jeunesse et la genèse du projet. Avec Ensemble, on part d’une case blanche.” Sur les 39 candidats, quelques-uns sont apparentés aux grandes familles politiques traditionnelles. D’autres vivent par contre leur première expérience politique. “Cette pluralité de convictions est une richesse. C’est un mouvement qui soutient l’implication citoyenne, et je suis monté dans ce train.”

Jean-Michel Vandecauter se retrouve donc sur une liste qui se revendique sans étiquette colorée. Mais même s’il est passé au jaune, il n’a pas oublié le rouge. “Cette fibre PS ne m’a pas empêché de dire oui à Ensemble.”

Et dire oui n’a pas été trop compliqué, lorsque Benjamin Brotcorne, la tête de liste, et François Schillings sont venus frapper à sa porte en septembre 2017. “Je leur ai répondu le lendemain ou le jour même. Je n’avais pas encore décidé si j’allais continuer en politique. Mais le souci de la ville était toujours là, je ne l’ai jamais perdu de vue.”

Pourtant, il l’assure, il ne s’est pas lancé dans le projet en désespoir de cause. “Si Ecolo était venu me chercher ? Je ne sais pas si j’aurais accepté.”

Pour le MR, par contre, il ne se serait pas senti crédible en changeant totalement de râtelier.

Son engagement pour le 14 octobre prochain, il affirme ne pas l’aborder non plus dans un esprit de vengeance, malgré le coup dur subi au lendemain des élections de 2012, quand il aurait pu briguer un poste d’échevin.

“Je n’ai pas été consulté. La pluralité homme-femme n’a jamais été évoquée durant la campagne.” Mais c’est finalement ce point qui a décidé du sort de Jean-Michel Vandecauter au collège communal.

Deuxième coup dur , qui n’est “pas un échec”, souligne-t-il, c’est son éviction du poste de gestionnaire de centre-ville en 2015. “Un licenciement abusif et sans motif.”

Trois ans plus tard, ces épisodes marquent toujours son quotidien. “Quand je croise des gens dans la rue, ils m’en parlent encore.” De là à imaginer que cela aura une incidence sur la population au moment de déposer les votes dans l’urne, il ne veut pas aller trop vite.

“Je ne tire pas de plans sur la comète. Je suis dans le même esprit aujourd’hui qu’il y a six ans. Je ne veux pas me faire de films.”

"Aucun esprit de revanche"

Par rapport à sa première campagne, il y a six ans, Jean-Michel Vandecauter revient "avec l’envie de faire bouger les choses en équipe". "J’aime trop ma ville pour ne pas m’impliquer dans le mouvement Ensemble, avec une liste qui prouve la pluralité et le mouvement citoyen annoncé il y a un an." Les deux coups durs reçus au PS en 2012 et à la Gestion centre-ville en 2015 sont du passé. "Je n’ai aucun esprit de revanche. Mon moteur, ce sont les gens, les commerçants, les Tournaisiens, les villageois que je croise au quotidien. Et qui croient au mouvement Ensemble et à son implication pour Tournai."

"Un partenaire prêt"

Comme il aime à le rappeler, Jean-Michel Vandecauter ne veut pas "tirer de plans sur la comète." Au petit jeu de savoir comment il entrevoit une alliance avec l’un ou l’autre parti en lice pour ces élections, il préfère ne pas trop s’avancer. "Je pense qu’Ensemble est un partenaire prêt et crédible. On verra au lendemain des résultats." Quel que soit le verdict au soir du 14 octobre, il n’envisage pas de voir la majorité PS-MR être reconduite. Il pourrait donc y avoir une place à prendre pour le mouvement. Il faudra ensuite voir si ce sera avec ou sans Jean-Michel Vandecauter. "Ce n’est pas le plus important pour moi."

"Il n’y a pas de gestion du commerce"

Jean-Michel Vandecauter porte un œil critique sur la gestion actuelle du commerce tournaisien. "Il n’y a pas de gestion du commerce. Les commerçants ne sont pas visités, ne sont pas impliqués. Il y a un manque de communication avec eux. Ils sont dans l’ignorance totale. Imaginez qu’un jour, en ouvrant vos volets, vous découvriez des travaux devant chez vous et vous n’aviez pas été mis au courant." S’il admet que "personne n’a de baguette magique" pour faire refleurir le commerce en centre-ville, "il n’en faut pas pour informer les commerçants", ironise-t-il.

L’ASBL centre-ville : "un service communal"

Jean-Michel Vandecauter conserve un regard critique sur la gestion du centre-ville de Tournai et sur le fonctionnement même de l’organisme. "L’ASBL centre-ville est gérée comme un service communal. Ce n’est pas normal", estime Jean-Michel Vandecauter. "Il faudrait mettre en place une alternance à la tête de l’ASBL entre une présidence publique et une présidence privée." Cette solution existe du côté de Mouscron, notamment. Une situation qu’il donne en exemple pour, selon lui, parvenir à faire de Tournai centre-ville un organisme qui roule.