Hainaut

Valéry Rosier a un nom qui sonne bien de chez nous et surtout de Frasnes. Et pour cause : ce Bruxellois a de fameuses origines frasnoises puisque les engrais Rosier ont été créés par son arrière-arrière-grand-père Alfred Rosier. "Mais ce n’est pas parce que ma famille est partie habiter à Bruxelles que nous avons coupé les ponts avec la région. Je faisais mon blocus ici, je venais aussi en vacances. J’y ai aussi tourné mon film de fin d’études "

Car Valéry Rosier est cinéaste. Pourtant, rien ne le prédestinait à suivre cette voie. "J’ai d’abord fait des études pour devenir ingénieur de gestion. Je faisais aussi du théâtre amateur, ce qui m’a fait connaître ma fibre artistique. J’ai alors voulu approfondir la matière et surtout le cinéma et c’est pour cette raison que je me suis inscrit à l’IAD."

Depuis, Valéry a fait son petit bonhomme de chemin. Son troisième court-métrage, "Bonne Nuit", avait déjà été récompensé à de multiples occasions et avait pas mal fonctionné. Mais ce n’est rien à côté de son dernier court-métrage, "Dimanches", qui a été consacré à Bruxelles et surtout à Cannes. Il a reçu deux prix au festival de Cannes, dont celui de la découverte lors de la semaine de la critique.

"J’étais en vacances quand j’ai reçu un premier mail me demandant de me tenir prêt car il se pourrait bien que mon film soit sélectionné", raconte-il. "Une semaine après, je recevais la confirmation. A Cannes, c’était extraordinaire. Lors de la remise des prix, tout le monde avait un costume sauf moi. J’étais en jeans, chemise, baskets. Je pensais que l’on prévenait les vainqueurs. Or, quand j’ai entendu mon nom, c’était vraiment une surprise. Je n’ai pas vraiment réalisé sur le coup."

Et ce prix est un peu celui d’une entité, celle de Frasnes-lez-Anvaing. "Mon court-métrage a été tourné dans le pays des Collines et à 80 % à Frasnes. J’y ai rencontré des gens formidables, généreux. Tous les acteurs sont des Frasnois. Je suis venu en repérage à l’une ou l’autre reprise et à chaque fois, les gens me donnaient des coups de main en me présentant un ami ou encore un lieu insolite."

"Dimanches" à cette particularité que Valéry Rosier voulait sortir des chemins conventionnels du cinéma. "C’était l’époque de l’exposition photo de Jeff Wall, un photographe spécialisé dans les photos réalistes. Je voulais transposer ce principe dans un court-métrage en y apportant un léger mouvement. C’est comme cela que j’ai eu l’idée de faire "Dimanches". Ce film dénonce les absurdités de la vie. On se moque des êtres humains mais pas des gens qui font le film. Je suis un peu à l’opposé de l’émission "Strip-tease", que j’adore. Nous faisons une fiction avec des scènes écrites et de l’autodérision."