Hainaut

Un signe fort pour réconcilier le citoyen avec l'institution communale, amorcer le changement. Le bourgmestre de Charleroi en a fait la proposition au bureau du parti socialiste où il siège: à compter de janvier 2007, le cumul d'un mandat d'échevin à celui de président d'intercommunale ou de société de logement ne sera plus autorisé sous son autorité.

«Dans le contexte où nous vivons actuellement, il faut envoyer un message clair à l'électeur», lance Jacques Van Gompel.

«Mettre un terme à la confusion que fait naître le cumul des fonctions, changer la façon de travailler: ce sera l'un des éléments les plus visibles de la politique qu'il préconise sous la législature 2007-2012 ». Je montrerai moi-même l'exemple en renonçant à mon mandat à la tête du conseil d'administration d'Igretec, l'intercommunale de développement économique de Charleroi.»

Cette mesure ne risque-t-elle pas au bout du compte de déforcer la majorité communale, voire d'autres villes qui placent des membres du collège au sein de leurs institutions?

Jacques Van Gompel ne le pense pas. Pour lui, il faut préparer le changement, améliorer le contact entre les personnes, installer des passerelles pour un travail de qualité, modifier les procédures et les méthodes.

Faire tâche d'huile

«Libérés d'un temps de travail qu'ils consacraient à la gestion de satellites, les échevins vont pouvoir se recentrer sur leurs missions prioritaires, celles pour lesquelles ils ont été élus», commente le bourgmestre. «Ce sera tout profit pour le citoyen».

L'idée pourrait-elle faire tâche d'huile? Van Gompel ne l'exclut pas. Il se refuse en tout cas à anticiper les développements des affaires en cours, que ce soit à l'ICDI où une enquête administrative a été demandée par le ministre Courard ou dans les sociétés de logements ou l'on attend les explications des gestionnaires d'un côté (Val d'Heure), et les résultats de l'audit complet de l'autre (Foyer Marcinellois).

Le bourgmestre n'entend pas en tout cas précipiter sa mesure de décumul. «Nous ne sommes plus qu'à quatre mois des élections communales. L'impulsion est donnée, l'engagement est pris. En janvier 2007, on ne trouvera plus d'échevin à la tête d'aucun conseil d'administration».

© La Libre Belgique 2006