Hainaut

A peine l’encre du classement de la cité de l’Enfance est-elle sèche qu’une autre œuvre de l’architecte Marcel Leborgne se voit menacée de disparition. C’est le building de logements De Heug, sur le quai de Brabant, au cœur du périmètre de remembrement urbain du projet Rive gauche à Charleroi ville basse.

Contrairement à la maternité Reine Astrid rasée à la fin des années 80, sa démolition serait couplée à une reconstruction à l’identique, autour de la cage d’escaliers et de l’ascenseur. Protégé depuis 1995, l’immeuble a vu son enveloppe extérieure se détériorer de manière inquiétante au cours de la dernière décennie. Au point où des étançons et filets de sécurité ont dû être installés pour éviter les risques de chute de maçonnerie sur la voie publique.

Aujourd’hui, le bien est dans les mains de la SA Saint Lambert Promotion qui porte le projet Rive gauche. Comme l’indique son directeur, Raphaël Pollet, l’intention est de transformer le bâtiment en auberge.

Deux options coexistent : d’une part en s’adossant à un privé spécialisé dans l’exploitation hôtelière de ce type, de l’autre concrétiser l’auberge de jeunesse dont rêve la ville de Charleroi, d’une capacité de 200 lits.

Un choix que le collège communal n’a pas encore tranché, selon l’échevin du Tourisme, Anthony Dufrane. "C’est du reste l’une des priorités de rentrée de notre exécutif."

C’est un rapport d’expertise alarmant qui a amené Saint Lambert Promotion à étudier l’option d’une démolition-reconstruction. Voici deux ans, le bureau d’ingénieurs Arcadis Fally avait mis en exergue l’état de dégradation extrême des bétons de la façade, ce qui rendait quasiment "hors de prix" une restauration.

Un contre-expert désigné à la demande du fonctionnaire délégué de l’Urbanisme de la Région wallonne vient de rendre les mêmes conclusions. On semble donc s’orienter vers le scénario de la reconstruction. Un projet qui suscite d’abord et avant tout le débat par son caractère inédit en Wallonie. Ensuite parce que sa concrétisation ne réjouit pas les patrimonialistes, pour qui "c’est faire du faux Leborgne".

Il n’empêche : le dossier avance bien. Selon nos informations, l’administration devrait délivrer tout prochainement son certificat de patrimoine, indispensable à l’introduction d’une demande de permis. Il resterait alors à obtenir l’accord de financement du gouvernement wallon.