Hainaut

Pour être heureux, vivons cachés. Pour être élu, mieux vaut s’afficher. Mais la promotion électorale entraîne des coûts.

Pour éviter les dérives et assurer un certain équilibre entre partis et candidats, la Wallonie détermine des montants maximums, comme le veut la loi du 7 juillet 1994 relative à la limitation et au contrôle des dépenses électorales. Le service public de Wallonie a diffusé, début septembre, la liste des montants autorisés par commune.

Ce sont les électeurs, belges et ressortissants de l’Union européenne et hors UE inscrits au registre qui déterminent les seuils à ne pas dépasser par liste et par candidat. En clair, au plus une commune possède un nombre élevé d’électeurs, au plus les listes et les candidats peuvent dépenser.

Les montants sont ainsi octroyés par tranches. Pour les listes, sept tranches ont été établies afin de déterminer le montant que “ va ut ” un électeur.

© IPM

Prenons l’exemple de la commune de Frasnes, qui compte 9.060 électeurs inscrits. En suivant le tableau des tranches, les 1.000 premiers électeurs, à 2,70 € par tête, rapportent un total de 2.700 €. Les 4.000 suivants, à 1,10 €, ramènent 4.400 €.

Il reste alors 4.060 électeurs issus de la troisième tranche, celle à 0,80 € par personne, qui rapportent 3.248  €. En additionnant les sous-totaux, la commune de Frasnes obtient, pour chaque liste, un plafond de dépenses s’élevant à 10.348 €.

Sur l’ensemble de la Wallonie picarde, les listes enregistrées à Tournai ont le seuil le plus élevé. Viennent ensuite les deux autres “ gran des ” villes de la région : Mouscron et Ath. Les listes les plus limitées financièrement sont à chercher du côté de Brugelette, Flobecq et Mont-de-l’Enclus, où les plafonds sont fixés sous les 5.000 €.

Le SPW précise également que chaque liste peut décider d’utiliser comme elle l’entend les montants autorisés. Il est donc possible qu’une liste mise la majorité de son budget sur une des figures de proue de la liste. Dans la colonne des maxima par liste, chaque montant est donc différent.

En ce qui concerne les plafonds par candidat, ils sont quant à eux identiques pour 20 des 23 communes de Wapi. Pourquoi alors un candidat de Brugelette, où 2.668 électeurs sont inscrits, bénéficie-t-il du même seuil qu’un candidat de Lessines, où l’on recense 14.047 inscrits ?

La Wallonie prévoit en réalité que tout candidat a droit à un seuil minimum de 1.250 €. Sans cela, si l’on se base sur le calcul prévu, un candidat brugelettois ne pourrait pas dépenser plus de 213,44 €, puisque chaque électeur inscrit dans sa commune “vaut” 0,08 €.

Le candidat lessinois, lui, serait en droit de se demander pourquoi il se voit imposer le même plafond, alors que sa commune compte cinq fois plus d’électeurs.

Enfin, il semble utile de préciser que des montants maximums sont fixés pour chaque élection du 14 octobre 2018 : celle des conseils communaux, provinciaux, de district et pour l’élection directe des conseils de l’aide sociale (CPAS), comme c’est le cas pour Comines-Warneton. Toutefois, un candidat présent sur plus d’une liste ne peut, sauf exception, additionner les montants maximums de dépenses. C’est alors le seuil le plus élevé qui est pris en considération.