Gazette de Liége Un groupe de militants lance un appel. Ils ont dix jours.

Dans une dizaine de jours, 60 000 poules seront conduites à l’abattoir, en région liégeoise. Rien de neuf sous le soleil : ce genre d’opération est régulièrement organisée par les fermes qui œuvrent dans la poule pondeuse. Pour l’association Suppression des expériences sur l’animal toutefois, ce genre de pratique relève d’un autre âge et constitue une horreur.

L’ASBL a donc décidé d’organiser, en accord avec l’agriculteur propriétaire de ces 60.000 poules, un sauvetage en règle. Les bêtes seront proposées dès ce week-end à l’adoption, au prix unitaire de 3 euros.

"Malheureusement, ce n’est pas la première fois que nous intervenons pour sauver autant de poules. En Flandre, nous sommes déjà intervenus pour une exploitation de 140 000 poules", explique Solange T’Kint, de l’ASBL.

Le problème, c’est la manière dont sont exploités ces animaux de batterie, dit la militante. "Après un an et demi, on considère qu’elles ne sont plus assez rentables", poursuit Solange; les poules pondent toujours, "mais pas assez, elles ont un rendement de 70 %". Pour éviter la baisse de régime, elles sont donc conduites à l’abattoir.

"Ce que nous proposons est simple : nous avons un accord avec l’agriculteur qui a la gentillesse de s’arranger avec nous. Et les personnes désireuses d’acquérir une poule nous contactent. On donne rendez-vous devant la ferme et on fait l’échange". Pas question de révéler publiquement le lieu de l’exploitation. Question d’éthique. Précisons toutefois qu’il se situe à une quinzaine de kilomètres au sud de Liège.

A l’adoption, sous contrat

Mais pas question non plus de quitter un abattoir pour un autre ! Lors de l’achat, l’acquéreur se doit de signer une charte, promesse du bon traitement réservé aux animaux. "Il s’agit globalement de s’engager à ne pas tuer la bête, à bien la nourrir et l’entretenir, sinon notre action n’aurait pas d’intérêt", précise Solange T’Kint. Formellement, le contractant s’engage "à traiter les poules avec douceur", "à veiller à leur sécurité et à leur santé", mais aussi "à garder les poules en vie jusqu’à la fin de leur existence"… Et dans le cas où le contractant ne pourrait garder les poules, à les rendre gratuitement à l’ASBL.

Contact : 0493/50.91.15 ou 0497/62.00.89.