Gazette de Liége

Elle fait son apparition dans le paysage politique liégeois pour ces élections communales. La formation Vega présente une liste complète de 49 candidats à Liège ville uniquement. Emmenée par François Schreuer, un ancien militant d’Ecolo qui s’est fait connaître en Cité ardente grâce à son action au sein d’UrbAgora (l’association citoyenne de réflexion sur l’urbanisme et la mobilité), elle se paie le luxe d’avoir capté des ex-membres d’Ecolo, du Parti communiste (PC) et du PS. Parmi les candidats, on trouve en effet des déçus d’autres partis comme Fabrice Lantair, un des co-fondateurs d’Ecolo, Pierre Eyben (PC) et l’abbé de Pierreuse Germain Dufour qui s’était déjà présenté sous les étiquettes Ecolo puis PC. Et il s’en est fallu de peu pour que Luc Toussaint, ancien échevin et député PS puis Ecolo, ne figure sur la liste.

L’ambition de Vega pour ces communales : remporter un siège. C’est que le parti de tendance vert-gauche, lancé officiellement cette année, est encore en rodage. Un peu juste pour espérer réaliser un score plus qu’honorable. Mais Vega sera candidat au pouvoir pour les élections communales de 2018, c’est François Schreuer qui l’affirme. Pas avec n’importe qui, seules les "forces de gauche" auront sa faveur. Le jeune parti marche clairement sur les terres d’Ecolo, voire du PS et du PTB, quitte à éparpiller les votes de gauche, mais sa base militante (300 membres) et électorale est très limitée. Il touche surtout les "bobos", les milieux gauchistes bon teint, artistiques, intellectuels et libertaires. Mais pas la frange ouvrière d’extrême gauche qui devrait rester dans le giron du PTB. Ni l’électorat vert-centriste ou celui populaire du PS d’ailleurs. Il n’empêche qu’Ecolo peut avoir du souci à se faire. Vega risque bien de lui grignoter des votes précieux si les verts veulent être la troisième force politique à Liège.

Et il faut justement signaler que Vega aurait pu ne jamais exister. Des discussions ont eu lieu à deux reprises (en septembre 2011 et mars 2012) entre François Schreuer et Ecolo pour déterminer si des convergences existaient entre leurs projets politiques respectifs. Un échec total. Chez Ecolo, on soutient que François Schreuer avait des ambitions démesurées (il aurait clairement réclamé un échevinat en échange de sa présence sur la liste des verts). L’intéressé dément et évoque lui aussi des exigences excessives de la part d’Ecolo.

En 2018, les choses devraient se compliquer davantage pour le front vert-gauche avec la probable apparition du Mouvement de gauche de l’ex-Ecolo Bernard Wesphael. Mais ça, c’est une autre histoire.