Ah! ces cyclistes inciviques...

Isabelle Lemaire Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

Il suffit de se poster quelques minutes dans les rues de Liège pour les voir. Des cyclistes qui roulent sur les trottoirs ou à gauche, brûlent des feux rouges, grillent des priorités et empruntent des sens uniques. Et bien souvent, leurs vélos ne possèdent pas l’équipement requis (absence de phare, par exemple). Ces comportements pour le moins inadaptés mettent en péril la sécurité des autres usagers, qui doivent redoubler de vigilance à leur approche.

Mais comment expliquer ces conduites irresponsables ? Du côté des associations de cyclistes, si l’on reconnaît, parfois du bout des lèvres, que de tels agissements existent, on insiste sur le fait que seule une minorité se conduit de la sorte. "On peut voir des cyclistes qui ne respectent pas le code de la route mais beaucoup d’automobilistes grillent aussi des feux rouges, affirme Benoît Coumont, de Pro Vélo. Ceux qui roulent sur les trottoirs le font parfois parce qu’ils ont peur de se lancer dans le trafic." Du côté du Gracq, l’association des cyclistes quotidiens, on est moins complaisant. "Ces comportements nuisent à l’image des cyclistes, déjà fort peu considérés chez nous, déclare Francis Walgraffe. Ils sont perçus comme étant un pied-de-nez aux automobilistes. Je pense qu’ils sont à mettre sur le compte d’un manque d’éducation, de culture commune." La police de Liège parle de "phénomène mineur", mais elle souligne que certains cyclistes "prennent des libertés avec les SUL", ces sens uniques limités, mis en place en 2004, que les deux-roues peuvent emprunter si un panneau l’indique.

Si le nombre d’accidents impliquant des cyclistes est peu élevé (voir ci-dessous), ces chiffres pourraient être biaisés. Au tribunal de police de Liège, on ne dispose d’aucune statistique concernant les accidents où la responsabilité du cycliste est établie. Et l’on précise que, même si le cycliste est en tort, en tant qu’usager faible, il sera de toute façon indemnisé. "Ce type de comportements n’est pas une priorité pour la police, même si nous y sommes attentifs, reconnaît Pascal Gillot, porte-parole de la police de Liège. Et il est très difficile pour les agents de rattraper un cycliste qui vient de commettre une infraction. S’il se fait prendre, il ne sera pas verbalisé la première fois."

L’IBSR, l’Institut belge pour la sécurité routière, rappelle sur son site jesuispour.be quelques règles élémentaires de bonne conduite. Dans les piétonniers, les cyclistes doivent adapter leur vitesse et céder la priorité aux piétons. Seuls les enfants ont le droit de rouler à vélo sur les trottoirs et la distance à respecter entre un vélo et une voiture est d’un mètre minimum.

"L’espace public appartient à chacun et à chacun de le respecter", rappelle Francis Walgraffe. Le respect, effectivement, est bien l’affaire de tous.

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