Gazette de Liége Ce 1er mai, 80 bénévoles s’étaient déplacés à Lierneux pour aider l’éleveur Alain Monfort.

Dans le village de Grand-Sart, dans la commune de Lierneux, près de 80 bénévoles s’activent à réparer et renforcer quelque quatre kilomètres de clôtures avant la mise en pâturage de 180 vaches limousines. Venus du village ou de plus loin, tous ont répondu à l’appel à la solidarité diffusé via la page du réseau social Facebook "SOS agriculteurs wallons en détresse" et partagée 5 000 fois. "J’avais envie de me rendre utile pour la bonne cause. Ce n’est pas grand-chose d’aider et ça rend service. On ne se rend pas compte du travail que c’est d’être un agriculteur. Il suffit d’une accumulation de choses pour se retrouver dans une situation difficile", témoigne Aline Collard (34 ans) qui n’a pas hésité à faire le trajet depuis Ath pour mettre la main à la pâte. 

Venu de Liège, Gonzague Milis (38 ans) a lui aussi fait le déplacement. Sensible à la cause agricole, "c’était l’occasion pour moi de pouvoir passer du discours aux actes, de donner une chance à cet agriculteur de repartir avec son exploitation", explique-t-il tout en replantant un piquet en terre. "J’ai aussi participé à la récolte du matériel nécessaire, notamment une machine à lessiver que j’ai récupéré grâce à des amis. On n’a toujours pas rencontré l’agriculteur, on ne sait pas quel est son nom et ce n’est pas important. On l’aide et c’est tout ce qui importe".

Plusieurs actions de solidarité

Ce lundi du 1er mai, fête du travail, une nouvelle action était ainsi organisée à la ferme de cet éleveur de bovins (57 ans) qui a vu les ennuis s’accumuler (financiers, juridiques, administratifs, familiaux…), au point de sombrer depuis deux ans dans un burn-out complet (LLB-Gazette 20/3). "Il a aussi été encorné par un taureau qui l’a handicapé physiquement", précise-t-on.

Le 18 mars dernier, alerté par Béatrice qui constate l’état inquiétant du cheptel, Louis Maraite, ancien journaliste et porte-parole du CHU de Liège, lance aussitôt un mouvement de solidarité afin de "remettre le fermier sur pied et le troupeau sur pattes". Les 180 vaches limousines, dont 70 gestantes, baignent alors dans leur purin et souffrent de malnutrition due à un foin de faible qualité nutritive. Si la perte de plusieurs veaux ne peut être évitée, très vite, des milliers d’internautes partagent l’appel à solidarité pour aider l’agriculteur - et son bétail - à sortir la tête hors de l’eau. 

Des forces humaines et motrices (tracteurs, bennes…) sont réquisitionnées lors d’une première journée d’action sur le terrain afin de changer la litière des vaches et remettre la ferme en état tandis que des dons de foin, de paille ou d’argent participent au redressement de la situation. Des "fées du logis" se chargent également de remettre en ordre le domicile du fermier. De leur côté, plusieurs acteurs (politiques, vétérinaires, avocats) sont interpellés autour du cas de l’agriculteur. "L’objectif était de régler les problèmes ponctuels et d’urgence , explique Louis Maraite. Il existe une structure de soutien psychologique des agriculteurs via Agricall, mais aucune structure qui permette d’agir en urgence et d’éviter des drames. Plein d’autres aides ne fonctionnent pas que ce soit au niveau administratif, fiscal, juridique…", regrette-t-il.

L’agriculteur Alain Monfort - qui accepté ce lundi de sortir de l’anonymat - a pu remercier les nombreuses personnes bienveillantes venues l’aider. "Aujourd’hui, je revis, je renais de mes cendres. J’attends maintenant que les personnes en charge de l’administration provisoire de mes biens prennent leur responsabilité quant à ce qui n’a pas été fait", confie-t-il.

Toujours dans la bonne humeur, la journée de solidarité s’est terminée autour d’un verre et d’une petite animation musicale.