Gazette de Liége

En matière urbanistique, on ne compte plus les abréviations. Qu’il s’agisse de Zacc (Zones d’aménagement communal concerté), de Rue (Rapport urbanistique et environnemental), de Pru (Périmètre de remembrement urbain) ou encore de Zip (Zones d’initiatives privilégiées) ainsi que de Sar (Sites à réaménager), les instruments mis par la Région wallonne à disposition du pouvoir communal sont nombreux. Le niveau régional - et singulièrement le ministre wallon en charge Philippe Henry (Ecolo) - qui tente depuis deux ans de mener à bien une nécessaire réforme en profondeur du Code wallon de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie (Cwatupe).

Certes, l’évaluation de ce texte de loi, devenu illisible au fil des ans - il fut modifié 150 fois depuis le milieu des années 80 - est terminée mais le chantier est conséquent et le ministre a promis de trancher d’ici un an. En attendant, les communes "font avec" cette complexité législative. Des communes, dont celles de la région liégeoise, qui ont dû compter durant plusieurs années avec un phénomène dit de rurbanisation, soit de peuplement des villages au détriment des villes. "Le rêve de la ville à la campagne a tourné au cauchemar. En voulant combiner les avantages de l’une et de l’autre, les rurbains détruisent l’une et l’autre", écrivait en 2008 le désormais ex-président de l’ASBL urbAgora François Schreuer dans "La Libre".

Ces dernières années, cependant, la tendance semble s’être quelque peu inversée et à l’exode urbain a succédé un retour à la ville. Des villes, dont celle de Liège, qui sont redevenues attractives au fil du temps, notamment parce qu’elles abritent différentes fonctions collectives. Les crises économique et environnementale sont également passées par là et ont poussé d’aucuns, plus fragilisés voire plus conscientisés, à regagner les centres urbains. Mais cette tendance, dont se réjouissent les autorités communales liégeoises, est fragile et va de pair avec des politiques volontaristes à mener en termes de logement, de mobilité, etc. Et à cet égard, il reste beaucoup de choses à faire afin de rendre la ville encore plus attractive. Il faut également noter que chacun a sa petite idée sur la manière d’encadrer ce retour à la ville et que Seraing, où le bourgmestre Mathot a fait le choix de l’immobilier, n’est pas Liège, où on privilégie les infrastructures collectives. Là où tous se rejoignent, c’est sur la nécessité d’accorder plus de moyens financiers aux villes, en même temps réceptacles des différentes crises successives et porteuses d’enjeux majeurs. A commencer donc par celui de l’aménagement du territoire