Gazette de Liége Alors qu’Oufti 1 a été un succès éducatif et scientifique, un deuxième nanosatellite est actuellement en cours d’élaboration.

C’est une belle aventure humaine, et ce d’autant plus par les temps qui courent où l’actualité politique voire économique n’est pas toujours réjouissante, qui se poursuit. À savoir celle d’une équipe passionnée d’étudiants et de professeurs de l’Université de Liège (à la base de l’initiative en question et ayant voulu associer dès le départ les hautes écoles liégeoises) ainsi que de l’Helmo Gramme et de la Haute École de la Province de Liège, lesquels se sont lancés il y a déjà près de dix ans dans la conception et l’implémentation de nanosatellites de type CubeSats au départ de leur cursus académique.

Un petit retour en arrière s’impose : après huit ans de développement qui ont nécessité l’intervention d’une cinquantaine d’étudiants au total, le premier nanosatellite 100 % liégeois et même belge (puisqu’il est question en l’espèce tant de sa conception que de son immatriculation) était lancé dans l’espace. C’était il y a un peu plus d’un an, au départ de la base aérospatiale de Kourou en Guyane française et dans le cadre d’un vaste programme financé par l’Agence spatiale européenne auquel participaient également des équipes italiennes et danoises, que ce dernier était lancé, non d’ailleurs sans quelques difficultés liées aux incontournables aléas météorologiques.

Oufti 1, pas de quoi entamer l’enthousiasme de l’équipe

Si après trois semaines à peine, Oufti 1 avait cessé d’émettre, sans que l’on sache réellement pourquoi mais en ayant pris soin de fournir toute une série de données importantes en matière de télécommunications, cela n’a pas été de nature à entamer l’enthousiasme de l’équipe liégeoise. Ainsi donc, comme le raconte Valéry Broun, soit le coordinateur de la section électronique au sein de la HEPL et l’une des chevilles ouvrières de cet ambitieux projet avec le professeur de l’ULg Jacques Verly, "Oufti 1 a été une belle expérience éducative et scientifique".

C’est ainsi que selon ses dires, il n’a pas fallu longtemps à ces derniers, lesquels ont notamment été réunis lors du débriefing organisé sous l’égide de l’Agence spatiale européenne, afin d’exprimer leur volonté commune de remettre le couvert en la matière et de renouveler l’expérience. Oufti 2 est le nom choisi pour un deuxième nanosatellite liégeois qui est actuellement en cours d’élaboration. Si l’on en croit Valéry Broun, ce dernier sera a priori semblable au premier mais avec une volonté affirmée d’être davantage performant.

Des améliorations au départ d’un prototype déjà existant

"Des améliorations ont été apportées au départ notamment d’un prototype déjà existant mais on parle toujours d’un CubeSat de 1 kg ayant la même mission en termes de télécommunications", précise-t-il. Lequel aura donc la même charge utile primaire mais sera en outre constitué de deux autres charges utiles dont une centrale inertielle conçue par les étudiants en secondaire du collège Saint-Pierre d’Uccle, lesquels ont également été épaulés pour ce faire par un professeur passionné.

Alors que la candidature d’Oufti 2 n’a cette fois plus été reprise par l’Agence spatiale européenne, ce qui est à la fois un bien et un mal selon Valéry Broun car les contraintes imposées par cette dernière étaient importantes, l’équipe liégeoise devra financer son lancement. À cet égard, les choses ne sont pas encore définies et quant à la construction du nanosatellite, elle est financée par l’ULg à hauteur de près de 100 000 euros.