Gazette de Liége

Le projet date de moins d’un an et voilà déjà la phase opérationnelle pour la Société de numérisation et de commercialisation des archives audiovisuelles (Sonuma). Installation à Liège, dans l’immeuble actuel de la RTBF, rue du Parc. Puis migration vers la Médiacité, fin 2010, sur le site en construction de l’entreprise publique.

Décision régionale

La pérennité des archives audiovisuelles est un problème lancinant. On mesure (voir LLB du 22 avril) la dimension de mémoire et de valorisation que génère le financement d’un tel outil. Mais le processus de décision ne manque pas d’intérêt non plus. Il faut le souligner, c’est sous l’impulsion expresse du Liégeois Jean-Claude Marcourt, ministre PS de l’Économie, que le gouvernement wallon, seul, a approuvé en juillet 2008 la libération de 20 millions d’euros dans ce but. À condition que la Sonuma s’installe en Wallonie, et singulièrement en bord de Meuse.

C’était dans la ligne du plan Marshall et de son suivi, qu’élabore la commission Zénobe. Pour cette dernière, la valorisation des talents dans les secteurs culturels - par des aides économiques régionales dans des lieux porteurs - est une "priorité absolue" (LLB du 21 avril). Compétente pour l’audiovisuel, mais pauvre, la Communauté française, allait se retrouver en porte-à-faux. Elle suivit donc, ajoutant 4 millions.

Le solde du capital, soit 16 millions, constitue la valeur conventionnelle des archives mises à disposition par la RTBF, qui trouve enfin les fonds pour cette tâche dépassant son budget et qui conforte son enracinement au Longdoz. Cette implantation a-t-elle déplu à la Région de Bruxelles-Capitale, sollicitée, mais absente du montage financier ? Mystères des cabinets ministériels.

Un pôle d’emplois

Ceci dit, la Sonuma est avant tout une plateforme de gestion, de sélection, de planification des tâches, d’encodage, de sauvegarde patrimoniale et de commercialisation. Pas une usine de restauration et de numérisation des contenus, au départ de pellicules ou de bandes magnétiques en perdition. Pour cela, elle recourra largement à la sous-traitance technique des PME du pôle Image, à la Médiacité et ailleurs, sous forme d’appels d’offres.

Le savoir-faire des sociétés liégeoises - CoToon, Digital Graphics, HoverlorD, XDC, etc. - est tel, dans leur "bouillon de culture" partagé, qu’elles se tailleront sûrement une bonne part des contrats. Autour de la sauvegarde des productions radio et TV de la RTBF, mais aussi, dans la diversification des clientèles et l’ouverture des marchés, à destination de n’importe quel producteur ou diffuseur audiovisuel, en Belgique et en Europe.

Il faut donc comptabiliser dans cette arrivée de la Sonuma, outre, dans un premier temps, une vingtaine d’emplois directs de bureau, nombre d’emplois indirects, contribuant à donner à notre industrie des médias la taille critique internationale.