Gazette de Liége

Réorganiser l’animation économique en Région wallonne : tel est l’objectif avoué de l’Agence de stimulation économique (ASE), créée par décret il y a cinq ans et basée depuis lors à Liège, au sein du complexe du Vertbois. C’est le ministre régional de l’Economie Jean-Claude Marcourt (PS) qui a voulu, dans le cadre du premier Plan Marshall wallon, constituer une telle coupole, destinée à structurer et à coordonner l’animation du développement économique en Wallonie. "C’est la première fois qu’une structure était créée avec pour objet d’avoir une vision globale sur l’activité économique en Wallonie", estime le ministre Marcourt. Une structure dont le but avoué était également de réduire de manière drastique le nombre d’opérateurs agréés de développement économique, soit une problématique maintes fois épinglée et touchant fortement la région liégeoise, ou la pléthore d’opérateurs fait tâche.

Fait ou plutôt faisait si l’on en croit les responsables de l’ASE En effet, aux dires du directeur actuel Vincent Bovy, qui n’est autre que l’ancien président de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie wallonnes, la rationalisation tant espérée des outils économiques a bel et bien eu lieu. "De plus de 70 opérateurs agréés sur le territoire wallon, on est passé aujourd’hui à 22 opérateurs", précise Vincent Bovy, pour qui la mission de rationalisation qui fut confiée à l’ASE est "tout à la fois nécessaire et difficile". Et de souligner que pour remplir au mieux ses missions, l’ASE, société anonyme de droit public, est "un organisme calqué sur une société anonyme du privé". En résulte d’ailleurs, selon plusieurs sources concordantes qui nous sont revenues, un climat parfois peu serein et une ambiance interne qui laisse à désirer. Ainsi, parmi les rares contacts qui ont accepté de nous parler, on fait état de "procédures de recrutement très poussées" et surtout d’un "taux de départs qui pose question". Une information démentie par Vincent Bovy, lequel évoque des évaluations globalement positives (dont celle de l’Union wallonne des entreprises) mais précise que "le rythme de travail est certes élevé et certains ne tiennent pas le coup".

En parlant d’évaluations, cinq ans après la création de l’ASE et à l’heure d’un premier bilan, lequel avait d’ailleurs déjà été fait en interne par le ministre Marcourt il y a un an d’ici, une évaluation externe, confiée à la société de consultance Deloitte, est en cours actuellement. Celle-ci s’accompagne d’un renouvellement prévu du conseil d’administration de l’ASE et doit précéder la réécriture d’un nouveau contrat de gestion conclu avec la Région wallonne. L’ASE est donc en quelque sorte, de même que sa "cousine", l’AST (voir ci-contre), à un tournant de son histoire. Pour son directeur, "il faut encore améliorer ce qui peut l’être", à savoir œuvrer à la mise en synergie/partenariat des opérateurs existants, voire à la poursuite de la réduction déjà entamée et qui, selon Vincent Bovy, a déjà commencé à porter ses fruits. "Il y a encore beaucoup de choses à faire mais c’est un travail de longue haleine". En outre, "il faut mettre fin à la volonté de certains opérateurs de vouloir tout faire" et donc œuvrer à davantage de spécialisation et de professionnalisation desdits opérateurs. Quant à son avenir personnel, il ne paraît pas menacé de même d’ailleurs, aux dires du ministre Marcourt, que celui du président de l’ASE, Luc Partoune, par ailleurs directeur général de Liège Airport.