Gazette de Liége

L 'on se doutait qu'à quatre jours des élections, la présentation de l'esplanade des Guillemins par Michel Firket et Willy Demeyer ("Gazette de Liège", 4/10) n'allait pas laisser les partis d'opposition sans voix. Didier Reynders, chef de groupe MR, et Bénédicte Heindrichs, tête de liste Ecolo, réagissent.

Aux yeux du ministre des Finances, dont l'impatience à l'égard du dossier s'était nettement exprimée ces derniers temps, "cette séance d'information ne s'appuyait sur aucun support démocratique puisque ni le collège ni le conseil communal n'ont pu voir le projet".

"On fait croire à une ville virtuelle" ajoute-t-il, "puisque si dans un premier temps l'échevin Firket a écarté toute possibilité d'expropriation - hormis celle de la tour des Finances -, il a dû admettre, après insistance des riverains, qu'il en faudrait sans doute une poignée. Qu'est-ce que cela veut dire exactement ?"

Didier Reynders s'inquiète également de savoir comment la Ville va trouver les 22 millions nécessaires à l'expropriation de la tour des Finances.

"Élu bourgmestre, la première chose que je ferai sera de mettre tout le monde autour de la table et de parler en transparence : Calatrava, l'architecte Dethier et les associés, les riverains, les autorités", souligne-t-il, ajoutant que "la majorité est en train de créer un conflit et repart, avec de faux arguments, dans une logique de place Saint-Lambert".

Christine Defraigne, conseillère MR, ajoute quant à elle que "le MR est prêt à discuter" mais "qu'il faut éviter les doubles discours en termes d'expropriations".

Du côté d'Ecolo, on estime la démarche "paradoxale". "Le bourgmestre ne voulait rien dévoiler des Guillemins durant tous les débats de la campagne. Or, ce que l'on a découvert hier s'avère assez proche des intentions d'Ecolo. De quoi avait-il peur ?" s'interroge Bénédicte Heindrichs. La tête de liste des verts avait d'ailleurs piqué Willy Demeyer au vif en évoquant, au sujet de la gare, un "hold-up démocratique".

"Le bâti semble à visage humain, sans expropriation et en considérant le remaillage urbain", note-t-elle. "Il me semble que cette esquisse, pour laquelle nous débattrons encore, concilie la mise en valeur de la gare et la place des riverains".

Et d'ajouter "qu'il est temps que l'on sorte du syndrome de la gare afin de mener à bien d'autres dossiers".

© La Libre Belgique 2006