Gazette de Liége

Récemment, la Ville annonçait deux bonnes nouvelles immobilières. A savoir la création d’une société coopérative dénommée "Immo Coronmeuse" et destinée à développer ce site de 25 hectares, le budget pour ce faire étant estimé à 400 millions d’euros. Ainsi que le rachat au groupe immobilier Heijmans du site désaffecté de Bavière par les sociétés Galère, Kairos et Thomas et Piron. Pour rappel, ce site de quatre hectares, au cœur du quartier d’Outremeuse, appartenait depuis plusieurs années au groupe Heijmans, qui avait l’intention d’y développer un projet immobilier d’ampleur consistant notamment en la construction de 600 logements. Un permis d’urbanisme pour une première phase lui avait déjà été accordé, mais la crise financière de 2008 est passée par là, fragilisant Heijmans et l’obligeant à postposer ce projet.

"La société a longtemps hésité avant de décider de revendre le site", explique l’échevin de l’Urbanisme Michel Firket (CDH). L’idée étant au départ de revendre l’ensemble des projets belges du groupe. Mais dès 2010, Heijmans décidait un démantèlement de sa filiale Himmos projet par projet. "Les négociations ont pris un certain temps", précise Michel Firket, la Ville ne pouvant pas obliger le groupe à vendre d’autant plus qu’entre-temps le "Palais Opéra" s’y était installé. C’est il y a six mois que ce projet, en panne depuis plusieurs années, est sorti des limbes, avec l’aide de plusieurs intermédiaires. Parmi eux, on compte l’ancien ministre wallon Didier Donfut (PS), écarté de ses fonctions ministérielles en 2009 et actif en la matière via sa société de consultance Idee SPRL. Début janvier, on apprenait que Heijmans avait confié à ce dernier la mission de trouver un repreneur. Pour l’assister dans cette tâche, une autre personne clé, à savoir Michèle Lempereur, soit la compagne du bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS), a également fait jouer ses nombreux réseaux, via sa société de conseil Wallonie Promotion et Communication SA, afin de faire aboutir le projet de reprise.

Ces intermédiaires ont contribué à faire émerger des offres émanant de différents groupes (outre les acquéreurs, on évoque les promoteurs Matexi et Bouygues) qu’ils ont soumises au groupe Heijmans. "La Ville a joué un rôle essentiel d’accompagnateur", souligne l’échevin Firket, lequel se réjouit tout comme le bourgmestre Demeyer des avancées dans ce dossier. Du côté des sociétés immobilières désormais propriétaires du site de Bavière, on ne veut pas encore en dire beaucoup plus sur le nouveau projet. Tout juste sait-on que le master plan initial réalisé par le bureau Anorak à la demande de Himmos et salué par d’aucuns dont l’ASBL urbAgora ne sera pas repris tel quel. Un élément nouveau est constitué par l’intérêt de l’ULg, qui serait demanderesse d’environ 10000 m² sur les 100000 constructibles afin d’y installer sa faculté d’architecture. Pour le reste, alors qu’on évoque désormais entre 400 et 500 logements ainsi que diverses infrastructures publiques, ce qui fait déjà jaser, c’est le sort qui sera réservé au bâtiment de l’ex-dentisterie, pour lequel un permis de démolir a été introduit début janvier mais que certains défenseurs du patrimoine aimeraient voir conservé.