«Belle Ile: personne n'y croyait»

FRÉDÉRIC VAN VLODORP Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

ENTRETIEN

Inauguré en 1995 dans un contexte polémique alimenté principalement par les commerçants du centre-ville, le complexe commercial Belle Ile tourne à plein régime. Les activités développées sur cet ancien site des usines «Conduites d'eau» satisfont amplement son propriétaire, la société Wereldhave (fonds de pensions néerlandais), ainsi que ses gestionnaires. Nous avons ainsi rencontré Sabine Lebizay, marketing manager de Belle Ile.

Quel regard portez-vous sur la création du centre commercial il y a huit ans?

Beaucoup pensaient qu'on ne pourrait déplacer la clientèle vers ce centre. Belle Ile, personne n'y croyait! Les premiers commerçants ont risqué; les affaires ont été dures la première année. Depuis, ils récoltent les fruits de leur investissement.

Les 98 commerçants du début sont-ils toujours présents?

Pratiquement, les rares départs sont seulement liés à des restructurations internes ou des opérations financières. 2003 est une grande année de renouvellement des baux; presque tout le monde a déjà resigné, avec un supplément considéré comme normal. Mais les locations demeurent plus que raisonnables, pas plus chères que dans le centre-ville.

Comment a évolué la clientèle?

Elle est qualifiée de moyenne à haut de gamme. Comme me l'ont communiqué plusieurs enseignes, le panier d'achats moyen était déjà élevé et la tendance s'accentue. Nous accueillons 8,5 millions de personnes par an. La fréquentation augmente avec en moyenne 18 à 20.000 personnes en semaine (25.000 le mercredi) et 30 à 35.000 les samedis. Nous avons des pointes à 50.000 le premier jour de soldes ou certains jours en décembre.

Comment expliquer ce succès?

Essayez de vous garer - gratuitement - dans le centre, d'y circuler avec une poussette. Regardez la propreté et la sécurité. Nous misons sur la qualité. Qui dit qualité dit sévérité; c'est ainsi par exemple que nous avons interdit les chiens.

La qualité, c'est aussi votre leitmotiv en matière d'animations?

Seuls six ou sept centres commerciaux en Belgique sont capables d'offrir un tel programme d'animations (NDLR: une expo sur Simenon en janvier ou actuellement un jardin tropical). Cela coûte cher mais intéresse les gens et les écoles.

Quelles autres évolutions ont contribué au succès du centre?

L'ouverture de la liaison E 25- E 40 a ajouté à notre clientèle, provenant essentiellement du côté des Ardennes, celle arrivant de l'autre côté de la Meuse. Un bureau d'accueil et une billetterie drainent un nouveau type de clients.

Finalement, qu'est-ce qui pose problème à Belle Ile?

C'est le risque de saturation, certains samedis notamment. Les pompiers interdisent de dépasser les 50.000 visiteurs pour raisons de sécurité. Nous souhaitons éviter les effets pervers de la foule. Nous lançons donc des opérations pour mieux répartir les visiteurs.

Quels sont les projets?

Au bout de huit ans, il convient de commencer les premiers travaux: resablage de la façade, revêtement des voiries... Sans compter les enseignes qui renouvellent leur magasin. Nous allons également pousser beaucoup plus loin le service, comme en France.

Quel regard portez-vous sur le centre-ville?

Il est ce qu'il est: déserté. Mais je serai la dernière à donner des leçons car ce n'est pas évident de trouver des solutions. Il y a par exemple un côté social que nous n'avons pas à gérer. Belle Ile bénéficie en quelque sorte des éléments qui sont défavorables au centre-ville. Je pense qu'il y a de la place pour tout le monde et le centre-ville garde ses fidèles.

© La Libre Belgique 2003

FRÉDÉRIC VAN VLODORP

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