Gazette de Liége Denis Mukwege, Christine Mahy, Hassan Jarfi seront élevés au rang de docteurs honoris causa.

Le 20 septembre, Denis Mukwege, Christine Mahy, Hassan Jarfi seront élevés au rang de docteurs honoris causa de l’ULiège. Tous ne sont pas nécessairement connus du grand public. Dès lors, une présentation s’impose.

Hassan Jarfi est le père de Ihsane Jarfi, un jeune homme assassiné en 2012 en raison de son orientation sexuelle. La Belgique découvrait alors le premier meurtre homophobe de son histoire judiciaire. Hassan Jarfi a suscité la création de la Fondation Ihsane Jarfi et a fait de la lutte contre l’intolérance, les discriminations et l’homophobie un combat personnel, mené sans haine et sans violence, par la seule force des convictions, de l’argumentation et du témoignage.

Christine Mahy est l’une des grandes figures en Wallonie de la lutte contre la pauvreté, militante engagée en faveur d’une société plus collective et consciente de l’enrichissement par l’intégration des différences et la prise en compte des minorités. Assistante sociale de formation et Wallonne de l’année en 2005 (prix Bologne-Lemaire), elle est la secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté.

L’homme qui répare les femmes

Denis Mukwege, gynécologue ("L’Homme qui répare les femmes", titre du film documentaire de Thierry Michel et Colette Braeckman) et militant des droits humains congolais, est une figure internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes, en particulier les mutilations génitales et le recours au viol comme arme de guerre. En concertation avec lui, l’ULiège a créé une chaire internationale sur la violence faite aux femmes et aux filles dans les conflits (en abrégé "Chaire Mukwege") qui sera inaugurée à Liège le 21 septembre.

Ces choix sont expliqués par le recteur Albert Corhay. "On assiste dans nos sociétés aux résurgences de la libération de la parole de haine, aux stigmatisations en tout genre des personnes en raison de leur origine, de leur genre, de leurs convictions politiques, religieuses ou spirituelles… Cette violence verbale qui se banalise sans garde-fous, est trop souvent l’antichambre des violences physiques finalement faites aux personnes. C’est tout le contraire d’une société de respect et de tolérance qui est aujourd’hui à l’œuvre. Une démocratie s’érode petit à petit face à ces assauts répétés d’intolérance et de violence. Il existe heureusement des lanceurs d’alerte, des personnes qui, avec conviction et courage, et parfois après des événements personnels dramatiques, portent la tolérance dans leurs paroles comme dans leurs actes. Les trois personnalités que nous honorons sont de ces lanceurs d’alerte."