Gazette de Liége

A revoir les images figées sur les bornes métalliques qui jalonnent actuellement le parc de la Boverie, pour évoquer l'expo universelle de 1905, on comprend mieux l'expression de «Belle Epoque». Tout a l'air si prometteur de lendemains qui chantent alors que l'Europe et le monde basculèrent dans l'horreur moins de dix ans plus tard.

On revoit les robes en crinoline et les messieurs en jaquette déambuler dans un parc qu'ils auront peut-être rejoint en gondoles vénitiennes en provenance de la gare des Guillemins.

Trois axes majeurs

A moins qu'une partie des sept millions de visiteurs ne vint par le pont Hennique, du nom de l'architecte français précurseur des lignes pures en béton armé. Ce pont, appelé aujourd'hui pont Mativa, est un des seuls vestiges encore bien visibles de l'expo universelle avec, bien entendu, le Palais des Beaux-Arts d'une surface de 2500 m2 occupés, tant bien que mal, par le Musée des arts modernes et contemporains (Mamac).

Cent ans plus tard, la question du devenir du parc de la Boverie se pose avec une acuité d'autant plus forte que le tourisme culturel semble être un atout incontournable du renouveau liégeois. A la mi-septembre, plusieurs projets devraient êtres évalués au sein du GRE (Groupe de redéploiement liégeois) autour de trois axes majeurs.

1. La liaison nouvelle gare-Meuse. Elle est de plus en plus évoquée. La tendance serait à un beau boulevard de type Hausmannien (comme à Paris), ce qui implique la disparition des tours des finances d'un intérêt architectural discutable mais qui abritent le travail des fonctionnaires.

2. Une nouvelle passerelle à haubans qui rappellerait celle de la sortie du tunnel sous Cointe. Jolie perspective...

3. La réaffectation du bâti. L'immeuble de l'Union Nautique de 1873, celui dit de «l'acclimatation des seniors» près de la Volière, celui de la RTBF si l'investissement se fait au Longdoz ou ailleurs et, bien entendu, le Macmac: que va-t-on en faire ? Des rêves qui deviendront peut-être réalité. Si «on» le veut. Comme les gens des Vennes ont voulu leur quartier. Il est là.

© La Libre Belgique 2005