Gazette de Liége

C’est un projet immobilier vieux de plusieurs années déjà, porté par la société Thomas&Piron. Malgré un nombre de logements revu à la baisse et un nombre de places de parking augmenté, les riverains ne veulent toujours pas du projet dit Bois d’Avroy. Un projet "démesuré" selon eux au regard de la particularité de ce quartier calme à forte densité de population.

Pour comprendre le dossier, direction rue Bois d’Avroy, dans le paisible quartier résidentiel de Cointe à Liège, sur l’ancien site du Forem aujourd’hui à l’abandon, où la société Thomas&Piron souhaite faire pousser 60 appartements ainsi que huit maisons familiales après achat du terrain à la Région wallonne. Et pour accéder au site, une seule voie d’accès étroite.

Un projet trop imposant

Le projet suscite une levée de boucliers du côté des riverains qui se mobilisent pour sauver la quiétude de leur quartier. Ceux-ci ont introduit un recours au bureau de la Région wallonne et récolté près de 150 signatures pour la pétition papier et 200 pour l’électronique. "Le site est une enclave, les places de parking ne sont pas suffisantes et le mastodonte fera six étages", fustigent une poignée d’habitants des rues Auguste-Doutrepont, Bois d’Avroy et Julien Dandrimont qui préconisent "un projet à taille humaine" dans un quartier "où les rues sont déjà surchargées en journée". "Nous pensons que plus ou moins 130 voitures de plus dans le quartier, c’est trop". Et de poursuivre : "Nous sommes bien conscients que ce chancre doit être réhabilité mais pas en dépit du bon sens".

"Le volume ici est énorme !", appuie Jacques Charlier, un riverain. "Quand le Forem était là, il y avait du monde en journée certes, mais le soir, nous étions au calme. Ici, avec de nouveaux logements, ça veut dire qu’il y aura du monde tout le temps", s’inquiète-t-il. "Il faut faire quelque chose de neuf mais pas des logements dans une caisse à souliers en béton. On aimerait que le site reste d’utilité publique, qu’il serve de centre d’informatique par exemple. Il y a plein de projets qui pourraient être possibles de sorte que le quartier reste paisible", suggère-t-il.

Aux côtés des riverains, une fois n’est pas coutume, on trouve la Ville de Liège. "La densité du projet est excessive pour le maintien du cadre de vie des habitants. On est contre le projet tel qu’il est présenté mais nous sommes bien entendu pour requalifier la friche", souligne Jean-Pierre Hupkens (PS), échevin de l’Urbanisme. La Ville de Liège a également introduit un recours contre l’avis favorable rendu sur ce projet par le fonctionnaire délégué de la Région wallonne.

Enfin, du côté de la société Thomas&Piron, on justifie une densité de logements suffisante pour compenser les dépenses importantes que nécessitera la dépollution du site de l’ancien charbonnage. Reste à savoir la décision finale du gouvernement wallon qui devrait se prononcer prochainement.