Gazette de Liége Les riverains veulent un projet à taille humaine et préserver le patrimoine.

Il y a quelques jours, l’enquête publique sur le projet immobilier de la société Matexi concernant le site de la Chartreuse a pris fin. Une enquête qui a connu un beau succès populaire puisque plus de 5 000 personnes ont fait connaître leur avis. Et, le moins que l’on puisse écrire, c’est que beaucoup ont pris la plume pour marquer leur opposition aux ambitions immobilières. Pour rappel, le projet Matexi prévoit de construire des logements sur le site militaire de la Chartreuse, à l’abandon depuis près de trente ans (1988). Propriétaire d’une partie du site depuis 2004, Matexi n’a jamais caché vouloir y construire des dizaines de logements.

L’actuel projet prévoit d’ailleurs la construction de trente-deux maisons et d’une quarantaine d’appartements, indépendants de l’ancien fort et qui seraient donc implantés le long du Thier de la Chartreuse… Mais à terme, il est question d’en construire plus de 300 .

Le site de la Chartreuse et le parc des Oblats qui l’entoure représentent toujours le plus grand espace vert urbain liégeois. C’est d’ailleurs la sauvegarde du dernier poumon vert de la rive droite, mais aussi "la mise en valeur et la préservation du patrimoine" et "un projet à taille humaine" qui sont évoquées par les opposants. Signalons que le site dans son ensemble a été inscrit par la Région wallonne, à l’Inventaire du patrimoine immobilier culturel (IPIC). La Commission royale des monuments sites et fouilles a par la suite remis un avis négatif au sujet d’une précédente demande de permis déposée par le promoteur pour seulement 22 logements.

"En quoi le présent projet protège-il, le cas échéant, mieux que le précédent l’intégrité du site ?", s’interroge dès lors François Schreuer, conseiller communal de la Ville de Liège. "La présence sur le site d’une biodiversité très riche a amené la Région wallonne à classer les lieux comme ‘Site de grand intérêt biologique’ (SGIB). Dans quelle mesure ce classement est-il compatible avec l’urbanisation du site ? En outre, de nombreuses approximations et erreurs ont été remarquées dans les documents déposés par Matexi, allant jusqu’à présenter une extension future du projet sur une zone verte au plan de secteur (ce qui est totalement impossible). Au vu de ces éléments, dans quelle mesure peut-on faire confiance à la fiabilité du promoteur ?"

Le conseiller relève également l’absence de solution crédible pour assurer la mobilité des nouveaux habitants (potentiellement un millier si les 400 logements envisagés sur l’ensemble du site sont finalement construits) à travers le quartier de Bressoux-Haut et ses voiries étroites. "Mais nous sommes convaincus que les questions soulevées par les habitants doivent trouver des réponses consistantes avant qu’un permis ne soit attribué à Matexi. Nous demandons qu’un dialogue soit ouvert avec les différentes associations intéressées par le devenir du site afin que, au minimum, des réponses substantielles puissent être apportées aux interrogations légitimes qu’elles soulèvent", conclut le conseiller communal.