Gazette de Liége Le méga écoquartier des Haïsses-Piedroux a reculé pour mieux sauter.

En regard des réactions que le projet dit des Haïsses-Piedroux (en référence au nom du terrain sur lequel il doit voir le jour) suscite actuellement, son promoteur a décidé de le suspendre. Dans un souci d’apaisement, cette suspension temporaire constitue une opportunité pour les sociétés Neufcour et Bouille, propriétaires des terrains et porteurs du projet d’écoquartier, de renouer un dialogue apaisé avec les différentes parties prenantes autour des qualités du projet, fruit d’un processus participatif ayant impliqué les Chênéens en 2014, et inscrire sa mise en œuvre dans un calendrier optimisé". Tels sont pour rappel les termes du communiqué diffusé dès ce mardi soir par les promoteurs du projet immobilier en question, lequel fait parler de lui depuis maintenant plusieurs années, qui ne laissent pas vraiment de doute sur leur intention de mener ce dernier à bien. Et ce malgré le retrait décidé de la demande de permis d’urbanisation introduite à la fin de l’année dernière et relative à la construction d’un méga lotissement de quelque 500 logements sur les plus de 30 hectares de l’important site vert concerné.

"Dangereux pour l’avenir", disent les opposants

Lequel, à cheval sur plusieurs entités (Chênée, Romsée, Beyne-Heusay et Vaux-sous-Chèvremont), est défendu bec et ongles par les nombreux opposants à ce projet, qualifié en leur temps par ces derniers de "néfaste pour l’environnement, le vivre ensemble, la mobilité et le commerce" ainsi que "dangereux pour l’avenir".

Réunis pour la plupart au sein de la plate-forme citoyenne du Ry-Ponet (du nom du ruisseau qui traverse le site de part en part) et rejoints dans leur combat par plusieurs associations dont l’inévitable urbAgora ainsi que par différents mouvements politiques dont Vega, Défi et "Demain" à Liège, les riverains ont fortement milité contre le projet. Et ce que ce soit en interpellant les élus lors du Conseil communal d’avril dernier, où le sujet était à l’ordre du jour, ou en participant massivement à l’enquête publique réalisée entre fin mai et fin juin et qui aura vu à son terme environ 5 000 réclamations être adressées aux autorités communales.

La Ville n’a pas encore pris position officiellement

Lesquelles auront donc, au final et alors qu’une réunion de concertation était prévue récemment, pris le soin de ne pas prendre position officiellement pour ou contre ce méga écoquartier, l’échevin en charge de l’Urbanisme Jean-Pierre Hupkens (PS) s’en référant à la procédure en cours. Et, à cet égard, au fait que le projet, lequel a par ailleurs été défendu par les promoteurs (mettant notamment en avant le caractère participatif de la démarche entreprise ainsi que le caractère jugé "durable et responsable" de leur projet qui se structure, selon eux, autour des espaces verts), avait déjà fait l’objet d’amendements. Ceux-ci n’étant donc visiblement pas été de nature à calmer l’ardeur de ceux qui rêvent de voir se créer, en lieu et place de l’écoquartier contesté, un vaste poumon vert portant le nom du Ry-Ponet.

Quant à savoir si l’importante mobilisation des riverains aura ou non payé, il est en effet beaucoup trop tôt pour s’avancer, contrairement à ce que certains n’ont pas manqué de faire, car le projet est suspendu mais pas retiré, et ce que du contraire si l’on en croit les promoteurs qui ont par ailleurs la maîtrise du foncier.