Gazette de Liége Une aile entière du château a été ravagée. Deux personnes hospitalisées. Témoignage.

Lundi au petit matin, le château de Chokier qui surplombe la Meuse à Flémalle a été ravagé par un incendie extrêmement violent. Il était environ 3h30 lorsque la châtelaine de Chokier, l’architecte Estelle Florani, a couru, pieds nus, en petite tenue, depuis le château jusqu’à une maison en contrebas où elle a frappé à la porte en criant : "Vite, vite, appelez les pompiers le château est en flamme". Tandis qu’un voisin la reconduisait jusqu’au château où sa compagne se trouvait toujours et tentait de sauver les chiens, les pompiers arrivaient et s’attaquaient au feu qui avait déjà pris une formidable extension. Aidés de la Protection civile, il leur faudra plus de quatre heures pour maîtriser les flammes et surtout préserver l’autre aile du château et le bâtiment central. Une performance si l’on considère les difficultés d’alimentation en eau. Il a fallu tirer plus de 2 km de tuyaux pour alimenter les pompes. La circulation des trains a été en outre interrompue entre Huy et Liège en raison du risque de chute de gravats sur les voies.

Depuis le Moyen âge, un château domine la boucle de la Meuse à Chokier sur le territoire de Flémalle. D’abord forteresse défensive puis château de plaisance, Chokier a appartenu à plusieurs familles dont les Hozémont, les Surlet de Chokier, les de Berlo. En 1816, c’est au général d’Empire Loison qu’appartient le château. En 1867, la propriété est acquise par M. de Clercx de Waroux dont une branche de la famille, les Frésart de Clercx, le vendra aux carrières Dumon Wautier qui le céderont à la famille Florani.

Un espoir de restauration

Au XVIIIe siècle le château, complètement détruit par un incendie, est reconstruit dans l’état qui était le sien avant le récent sinistre. En 1946, une partie de la terrasse du château s’effondre sur la ligne de chemin de fer en contrebas. La ligne sera interrompue pendant six semaines.

Le château de Chokier, propriété classée, fait partie du patrimoine de tous les Chokierois. Aussi l’émotion est grande dans l’ancien village. Un espoir pourtant, selon les premières conclusions des experts, les murs qui restent debout sont très stables et aucun effondrement ne menace. Une restauration sera peut-être possible. Toute la journée de lundi, les pompiers sont restés sur place et ont arrosé les boiseries noircies pour éviter toute reprise d’un foyer de feu.

La châtelaine et son amie se trouvaient toujours à l’hôpital, souffrant d’intoxication et de blessures aux jambes.