Gazette de Liége Ils ont défilé dans les rues de Liège ce jeudi matin avant de rencontrer le mayeur Willy Demeyer.

Fatigue, épuisement… et colère . Le rendez-vous était fixé à 8 heures ce jeudi matin, dans le hall d’entrée de l’hôpital du CHR de la Citadelle depuis plusieurs jours déjà et, en moins de deux heures, ce n’est pas moins d’un millier de travailleurs de l’hôpital public qui s’était rassemblé dans l’entrée, afin de manifester son mécontentement. La raison de cette grève organisée durant toute la journée ? Le plan d’économies proposé par la direction et validé fin décembre par le conseil d’administration du CHR, prévoyant une économie de 12 millions d’euros. "Une économie imposée", rappelle la direction qui souligne cette importante diminution, en 2018, des subsides fédéraux.

Avant de prendre la tête du cortège, parti vers 10 heures vers l’hôtel de Ville de Liège, via la rue Montagne Sainte-Walburge et la place Saint-Lambert, les délégations syndicales rappelaient à qui voulait l’entendre ce que dénoncent les travailleurs depuis près d’un mois : "Quand la direction dit que le corps médical fait autant d’efforts que le personnel, c’est faux", explique André Toth, délégué CGSP, "car elle oublie de dire que l’effort fourni par le corps médical est déjà en partie assumé par le personnel. Aujourd’hui, on veut augmenter notre charge de travail et travailler en réseaux… Au bout du compte, le personnel en fait toujours plus et le patient va se retrouver en difficulté".

Même son de cloche du côté du syndicat libéral et de la CSC, puisque, dans ce combat, le front commun est total comme en témoignaient les couleurs arborées par les travailleurs durant la manifestation. "Tous les travailleurs sont en difficulté, c’est la raison pour laquelle nous sommes si nombreux", explique Lina Cloostermans, "même si beaucoup de travailleurs continuent de travailler vu que nous devons assurer un service minimum".

En marge de la suppression de 35 équivalents temps plein et de la réduction (de 2,5 % à 1 %) de la prime de fin d’année, la mesure qui cristallise toutes les tensions, "c’est le remplacement de la prime de 11 % pour prestations inconfortables par une prime à la prestation". Une perte sèche de 11 % pour de nombreux travailleurs, rappelle la syndicaliste, même si la prime à la prestation doit venir combler une partie des pertes. "Et ce que nous dénonçons, c’est que ces mesures arrivent alors que nous sommes toujours plus sous pression", poursuit la déléguée CSC, "j’étais moi-même infirmière, et il y a dix ans, je peux vous dire que lorsqu’on posait une prothèse de hanche, le patient restait quinze jours; on avait le temps de s’en occuper. Aujourd’hui, le patient reste quatre voire trois jours… C’est à la chaîne, l’hôpital devient véritablement une usine !".