Gazette de Liége Christine Defraigne a posé un geste fort.

Est-ce un acte de trahison ? Une stratégie savamment orchestrée ou la simple expression d’une profonde conviction ? Un peu de tout sans doute… Ce lundi soir, alors que le conseil communal de Liège votait cette motion destinée à s’opposer au projet de loi autorisant les visites domiciliaires (lire ci-dessous), porté par le Gouvernement fédéral et donc par le MR, d’aucuns ont salué cette position des libéraux liégeois, incarnée par leur cheffe de file Christine Defraigne… présidente du Sénat. Le MR de Liège s’y oppose, n’en déplaise à Charles Michel et Olivier Chastel.

"Car cela va à l’encontre des droits fondamentaux, qui constituent le cœur de notre ADN de libéraux", indiquait Christine Defraigne. Désire-t-elle déjà rendre possible une alliance MR-PS en vue des prochaines communales ? Ou se positionne-t-elle à plus long terme comme l’incarnation d’un libéralisme social partagé par de nombreux membres de son parti ? Au lendemain de cette sortie, elle nous livre le fond de sa pensée… et maintient la position du MR de Liège.

Comment expliquez-vous cette divergence d’opinion avec le parti ?

"Je n’ai fait qu’exprimer la position du groupe MR au sein de la Ville de Liège. Nous avons discuté de ce projet de loi et nous estimons que le texte, tel qu’il est présenté, doit pouvoir être amendé".

Gilles Foret, député fédéral, n’était toutefois pas présent lors du vote ?

"Personne sur les bancs du MR ne s’est abstenu lors du vote, nous avons été unanimes… mais ceux qui étaient confrontés à un conflit d’intérêts pouvaient s’absenter".

Vous êtes aussi présidente du Sénat, ce n’est pas anodin ?

"Certainement oui. Ce matin, plusieurs parlementaires m’ont d’ailleurs téléphoné, j’ai eu beaucoup de soutien, aussi au sein du MR. Très honnêtement, je l’ai fait en mon âme et conscience… d’ailleurs je ne suis pas parlementaire fédéral".

Qu’espérez-vous en soutenant cette motion ?

"J’espère qu’on tiendra compte de cette sensibilité. Nous sommes des libéraux Liégeois et nous pensons qu’il est important de respecter les droits fondamentaux. Je suis en harmonie avec moi-même, avec mes valeurs".

Vous avez aussi apporté votre soutien au projet de salle de consommation d’héroïne…

"Oui mais notre position est ici pragmatique, nous voulons des garanties. N’y voyez pas une opération de séduction, nous sommes ce que nous sommes. Il faut plutôt y voir une opération de conviction".