Gazette de Liége

Une fois l'an, Dany Lierhmann imagine un thème sur lequel ses artistes laissent la bride à l'imagination. Cette fois, c'est un hommage au 7e art que 12 peintres et 11 sculpteurs rendent dans "Silence, on tourne !", avec la participation des célèbres studios Harcourt, spécialiste des photographies de stars, qui ont prêté un portrait de Carole Bouquet et de Monica Belluci.

Un cameraman sur pied, œuvre de Solari, entraîne vers un montage photographique de scènes de films par le fils d'Anthony Quinn et à sa sculpture métallique, un œil au travers duquel défilent des images vidéo. Ainsi posée l'ambiance, reste à savourer, entre autres, l'humour sarcastique (Kroll), la nostalgie du "Rosebud", le traîneau de Welles (par Devreux), le rire de Laurel et Hardy (id.), un brin de mélancolie avec les deux monstres sacrés MM et BB (Döring), le sarcasme avec de vrais dollars pliés en papillon, car... "Autant en emporte le vent !" (par Lamoline).

Enfin, à (re) découvrir l'interprétation d'extraits de films mythiques, Titanic (par Pirard), E.T. (Leloup), Les oiseaux (Dubois), la pièce maîtresse de l'ensemble restant l'énorme vasque en minuscules mosaïques de Sciortino synthétisant une quinzaine de films célèbres. Double hommage au cinéma et à Harcourt, dans le style même des studios, André Louis a photographié les artistes exposants. Lors du vernissage, Jean-Pierre Talbot, qui restera à jamais le premier Tintin au cinéma, était venu dédicacer sa biographie. (1)

Rentrée pléthorique chez Bonhomme : parmi quelque 200 œuvres d'une douzaine d'artistes, on retiendra les paysagistes André Rosière et Johan Messely. Le premier, en tonalités douces, présente des petits chemins de campagne, des rivières paisibles, des champs fleuris qui parfois se perdent dans le flou. Le second emporte par la poésie et la précision d'un impressionniste qui rappelle l'école Renoir, chaleur des coloris, touffeur des atmosphères de jardins où l'homme est absent mais où sa présence se décèle à de petits riens qui font le charme des lieux.

Sophie Fattal se cantonne dans un art faussement abstrait mais amusant, croquant des scènes quotidiennes, décors et personnages vus à travers une optique déformée, univers banal et familial où la couleur emporte l'adhésion. En sculpture, Christian Cadelli travaille l'envolée et le mouvement de personnages stylisés, ainsi que des visages énigmatiques qui semblent des masques immuables. Brigitte Danse s'adonne à la fois à la pierre, au métal et au vitrail, réunissant parfois les deux derniers éléments pour réaliser des silhouettes roides un peu mystérieuses. Quant à Pierre Larivière, c'est l'humour et le mouvement qui priment dans ses petits personnages en métal récupéré. (2)

Mornard est malaisé à classer : la couleur crue, ici, l'emporte sur la forme, le sarcasme dévastateur sur l'ironie, la caricature sur le portrait. "Plus on est de fous..." rassemble des personnages atteints de folie, symbolisée par le classique entonnoir sur la tête, qu'un balayeur, ailleurs, éjecte du décor, par des visages bouffis aux dents en clavier de piano, cheveux rouges et yeux globuleux. Caricaturé, mais non sans vigueur. (3)

(1) Lierhamnn, jusqu'au 20 sept.

(2) Espace Bonhomme, jusqu'au 15 sept.

(3) Orpheu, jusqu'au 20 sept.

© La Libre Belgique 2009