Cinq ans de Curtius à Liège
A ttirer 150.000 visiteurs par an" : tel était, selon un communiqué du collège de la Ville de Liège daté du 15 avril 2004, l'objectif chiffré assigné au Grand Curtius alors en gestation.
- Publié le 05-03-2014 à 00h00
- Mis à jour le 07-03-2014 à 14h55

Attirer 150.000 visiteurs par an" : tel était, selon un communiqué du collège de la Ville de Liège daté du 15 avril 2004, l'objectif chiffré assigné au Grand Curtius alors en gestation. Après les retards de rigueur - façon de parler -, le complexe héritier des anciens musées d'Armes, du Verre, d'Art mosan, d'Art religieux et d'Art mosan… ouvrait finalement ses portes le 6 mars 2009, il y aura cinq ans ce jeudi, avec des ambitions revues à la baisse (60.000). Où en est-on aujourd'hui ?
Impressions d'abord. Dans les salles et les couloirs de l'institution du quai de Maestricht, le visiteur déambule bien souvent seul. Les carences dans l'éclairage sautent aux yeux, à tout le moins. Les expositions temporaires sont d'ampleur modeste. Où sont les collections égyptiennes ?…. Et pourtant, par la richesse du contenu comme par la qualité de la scénographie, ce petit Louvre liégeois a tout pour plaire.
"C'est un très beau musée mais c'est une dégelée complète, déplore Pierre Gilissen, vice-président de l'Institut archéologique liégeois et conseiller communal MR en pointe sur les dossiers culturels. Il n'a reçu aucune promotion. Vous ne verrez jamais rien dans les trains, les gares, les pages culturelles des grands journaux… Personne ne s'en occupe de façon sérieuse et professionnelle". L'échevin PS de la Culture Jean-Pierre Hupkens nuance fortement : "Il y a eu 100.000 entrées la première année, 65.000 la deuxième et après, c'est vrai, cela a fléchi, nous dit-il. Mais en 2013, nous sommes remontés à 64.000… Nous ne sommes donc pas dans un déclin inexorable. On gagne, petitement mais on gagne". Et d'ajouter que les efforts de promotion ont été renforcés, notamment dans le secteur pédagogique, évidemment dans les limites étroites des budgets disponibles.
L'espace des armes va doubler
Parmi les handicaps du Curtius, la disposition des lieux, trop confinés pour permettre de grandes expositions temporaires, est fréquemment citée, ainsi que le manque de lisibilité du circuit : "On ne sait plus toujours très bien dans lequel on se place, note Pierre Gilissen. L'option qui avait été prise au départ tenait la route, mais c'est devenu chaotique". Une bonne nouvelle : la surface dévolue au département des armes va doubler. Mais ce sera au détriment des expositions, aux deux premiers niveaux du magasin de Jean Curtius.
Du coup, "il n'y a plus aucune exposition de prestige à se mettre sous la dent à Liège", regrette le conseiller libéral. Jean-Pierre Hupkens en convient et prône la patience : "Nous sommes dans une période temporaire. On va récupérer des espaces quand les travaux du Mamac seront terminés. C'est là qu'auront lieu les expositions de prestige. Cela ne va pas soutenir directement la fréquentation du Curtius, mais si un peu plus de monde vient à Liège, on peut espérer". Pour le complexe muséal, aux expos actuelles consacrées à Ensor et au mobilier de Jacques Dupuis succéderont l'archéologie à Jupille (année Charlemagne) et le photographe Hubert Grooteclaes. Une section permanente gratuite sur l'histoire de Liège est, en outre, en préparation au rez-de-chaussée. Paul Vaute