Comme un vent de renouveau

Jean Jour Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége Chronique

Du neuf depuis quelque temps au Cercle des Beaux-Arts : en effet, les artistes confirmés qui en font partie ont décidé de tester les talents en devenir et, à tour de rôle, de parrainer ceux qui, demain peut-être, seront en tête des cimaises. Julian Van Bur, à son tour, présente quatre jeunes femmes en dehors de ses œuvres personnelles. On ne présente plus cette artiste qui, depuis nombre d’années, a habitué son public à une œuvre foisonnante, éclatante de couleur et de luminosité. Cette fois encore, sur des fonds en général très chauds, du rouge sang à l’or, son imagination lui dicte un chemin où un certain fantastique s’entremêle de symbolisme. Les personnages sont surpris en action et les décors tournoient autour d’eux car tout chez Van Bur est d’abord mouvement et recherche de coloris qui en accentuent la vivacité. Un beau travail de perfectionniste.

Des quatre parrainées, Laurence David semble la plus à même de poursuivre une carrière de sculpteur : ses têtes fantasques semblent surgir d’un film de science-fiction et prêtent autant à l’humour qu’à la dérision. Rita Neys s’adonne à un abstrait construit de mosaïques ton sur ton et accentue l’effet de trompe l’œil par application d’un relief. Dans des tonalités souvent sombres, voguant dans les gris-bruns, Marie-Jeanne Weerts propose une autre sorte d’abstrait, parfois hachuré, qui ne manque cependant pas de profondeur. Quant à Zou, qui applique des éléments métalliques sur des fonds peinturlurés, elle semble ignorer que le calembour des titres ne fait pas l’œuvre d’art ! (1)

Renouveau également chez Bonhomme, dont une salle complète, à présent, est livrée à la rétrospective d’un classique pendant tout un trimestre (Guillaume Corneille a inauguré la série), tandis qu’un autre espace est consacré à plusieurs talents de renom. On retiendra cette fois Folon, Christo et les poèmes illustrés de Jacques-Louis Nyst. La suite, une fois de plus, est une pléthore d’artistes diversifiés. En ressort le créateur de la fameuse statue des Jazzmen de Comblain-la-Tour, Georges Polus, qui ne s’était plus montré depuis longtemps. Il offre pour son come-back une série de personnages captés dans le mouvement et réalisés dans sa manière habituelle, silhouettes très vivantes et minis-sculptures quasi déchiquetées pour mieux saisir leur dynamisme. Mais la surprise, ce sont ses peintures : des portraits de singes, expressifs sans être hyperréalistes. L’humour est latent, tout comme dans la série intitulée "La famille du bouleau", de faux [?] abstraits dont les écorces de bouleau déchiquetées (à base photographique vraisemblablement) finissent par dévoiler les traits d’un visage. Un renouveau époustouflant !

Étonnant aussi : Guy Wilga-Lerat et ses "sculptures" murales, portraits de célébrités (Sinatra, Brassens, Amstrong, Dali et autres) réalisés sur des fonds clairs en relief où les visages découpés en mosaïques de mousse se détachent sur des bribes de textes, extraits de chansons ou de poèmes. Marie-Josée Boerenkamp, elle, arrive à l’abstraction en partant de fleurs stylisées qui occupent toute la toile et accrochent par la vivacité de leurs couleurs. Reste aussi Sjer Jacobs et son univers polymorphe, sculptures et peintures, personnages tronqués ou esquissés, céramique et bronze, figés en diverses attitudes simples mais parlantes. (2)

(1) Cercle des Beaux-Arts, jusqu’au 23 mars;

(2) Espace Bonhomme, jusqu’au 11 avril.

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