Gazette de Liége Neuf siècles de prières et de charité dans le couvent de sainte Julienne.  Chronique. 

Dès 1117, si l’on en croit le chroniqueur Theodore Gobert, une léproserie était déjà installée au pied de la montagne de Cornillon. Bien que créée par des Liégeois civils, on pense que cette léproserie était desservie par des religieuses Norbertines.

Corneille - Cornillon ?

On sait que les disciples de saint Norbert, lorsqu’ils étaient installés à cet endroit, avaient placé leur maison sous la protection de saint Corneille. D’où, peut-être, l’appellation "Mont Cornillon". En 1124, la chapelle et ses dépendances sont données aux Prémontrés jusqu’à ce que, en 1288, ils s’installent à Beaurepart (actuel séminaire). La léproserie, voisine des Prémontrés, continue sa vie comme en témoigne un document daté de 1176 émanant des échevins de Liège qui ont la responsabilité de cette "maladrerie". En 1185, une généreuse Liégeoise offre des terrains à celle-ci et une charte de 1190 nous apprend qu’un Herman de Looz a lui aussi donné des terres à la léproseri. Lorsque les Prémontrés s’en vont, ils cèdent également leurs bâtiments et terrains. Il faut savoir que cet hospice avait un caractère à la fois civil et religieux. Il était hospice communal de par ses fondateurs et pour y être admis, il fallait avoir été baptisé "en les trois fonts", c’est-à-dire dans une des trois églises qui, à Liège, possédaient des fonts baptismaux : Notre-Dame aux Fonts, Saint-Adalbert et Saint-Jean-Baptiste. La léproserie de Cornillon se composait de "quatre couvents" pour les hommes malades, les hommes sains (haîtis en wallon) et la même chose pour les femmes.

La petite Julienne

Lorsque deux petites orphelines, Julienne et sa sœur Agnès, sont confiées au couvent de Cornillon occupé par les sœurs Augustiniennes, la situation de la léproserie s’améliore nettement. Les deux orphelines, qui étaient nées à Retinne, sont à la tête d’un important héritage (210 hectares de terres cultivables), ce qui constitue une contribution importante aux frais de fonctionnement de la léproserie et du couvent. On connaît l’histoire de Julienne fondatrice de la Fête-Dieu, qui deviendra prieure du couvent-léproserie de Cornillon et ira mourir dans l’abbaye cistercienne de Fosse-la-Ville. Après la Révolution française, le couvent fut abandonné pendant de longues années. En 1859, après de très longues tractations, la ville de Liège accepte sous condition de ne jamais y installer un hôpital ou un orphelinat et de vendre le couvent au diocèse de Liège. Avant de partir pour Vaux-sous-Chèvremont, des pères carmes s’y installent pour peu de temps puisque le 30 septembre 1860, six Carmélites prennent possession de leur nouveau couvent. Aujourd’hui, les dernières carmélites ont quitté Cornillon et ce sont des religieuses de l’ordre des Clarisses qui arrivent à Cornillon (Gazette de Liége 9/06).