Gazette de Liége

C’était le 12 juin dernier : les sœurs présentes depuis 1933 au sein du carmel de Mehagne, construit trois années auparavant et situé dans un quartier vert des hauteurs d’Embourg, quittaient officiellement les lieux. Devenues trop nombreuses pour pouvoir s’occuper d’un tel bâtiment et en assurer la gestion quotidienne, c’est la mort dans l’âme que les religieuses avaient dû se résoudre à gagner d’autres communautés établies ailleurs en Belgique. Trois ans après avoir fêté leurs 75 ans de présence au carmel de Mehagne, les carmélites ont donc pris la route vers d’autres projets de vie, non sans que l’évêque de Liège Mgr Aloys Jousten ait fêté comme il se devait l’envoi en mission de chacune d’elles.

La décision de quitter le carmel, propriété de l’évêché de Liège, les religieuses l’avaient prise en décembre 2010, époque à laquelle Mgr Jousten s’est précisément mis, en concertation avec ces dernières, à la recherche de nouveaux occupants. En effet, l’idée était, selon ses dires, que ce lieu demeure "une présence priante". C’est ainsi qu’après plusieurs contacts, il fut décidé qu’une autre communauté religieuse, à vocation œcuménique, allait succéder aux sœurs carmélites. Rapidement, semble-t-il, le dévolu de l’évêque de Liège s’est jeté sur la Communauté du Chemin-Neuf, née d’un groupe de prière en 1973 en France et qui compte aujourd’hui plus de 2000 membres actifs dans une trentaine de pays. Soit un groupe de familles, couples et autres célibataires consacrés "qui ont choisi l’aventure de la vie communautaire pour se mettre au service de l’Eglise et du monde", peut-on lire sur son site.

C’est donc depuis juin dernier que les nouveaux occupants, profitant des congés estivaux pour ce faire, se sont progressivement installés au sein du carmel de Mehagne. En cette fin du mois d’août et à l’aube d’un mois de septembre chargé, nous sommes allés à leur rencontre. C’est la jeune sœur Muriel d’Hoffschmidt, de retour de quatre ans de mission en Côte d’Ivoire où elle a notamment œuvré au centre de formation Tibériade à Abidjan, et les époux Monique et Jean-Claude Lange, arrivés tout droit de Tigery en région parisienne, qui occupent désormais le lieu. Un carmel qui est toujours vu par ces derniers comme "un lieu de prière et de recueillement", conformément à la volonté de Mgr Jousten, mais aussi désormais "ouvert sur le monde". Ainsi que l’explique Muriel d’Hoffschmidt, la philosophie de la Communauté du Chemin-Neuf peut se résumer par ces mots : "Vivre ensemble sa foi dans le monde".

Les raisons qui ont poussé la Communauté du Chemin-Neuf à s’installer au sein du carmel de Mehagne sont de deux ordres, la première tenant au fait que, ayant quitté La Hulpe depuis juin 2010, elle ne disposait plus en Belgique francophone, excepté en région bruxelloise, de lieu dédié. Ensuite, ainsi que l’explique encore la jeune responsable, "un autre élément important fut constitué par l’existence en région liégeoise de plusieurs familles proches de la Communauté". En effet, outre les jeunes que nous évoquons ci-contre, les familles et les couples constituent en quelque sorte le cœur de l’activité de la Communauté du Chemin-Neuf. "La pastorale parentale existe depuis l’origine au travers de ce que nous appelons les sessions et les fraternités Cana et c’est une mission très importante", assure Jean-Claude Lange. Outre les jeunes, c’est vers leurs parents et les couples sans enfant que se tourne cette communauté œcuménique décrite par ce dernier comme "à la fois monastique et dans le monde".