Gazette de Liége Retour sur le débat politique de jeudi lors duquel plusieurs enjeux ont été évoqués. 

Ainsi donc, après Liège, Huy, Verviers ou encore l’institution provinciale, c’était jeudi soir au tour de la commune de Herstal de faire l’objet du débat politique organisé depuis début mars par RCF Liège en partenariat avec la "Gazette de Liége". Lequel est pour rappel censé alimenter la réflexion eu égard aux grands enjeux liégeois en vue des prochaines élections communales et provinciale. Au menu du débat de jeudi soir, comme à l’accoutumée, plusieurs thèmes propres à la commune concernée ainsi que, pour la première fois, trois invités politiques. À savoir respectivement Frédéric Daerden, député-bourgmestre et par ailleurs chef de file de la future liste PS-H, Adrien Croisier, chef de groupe du MR, et Johan Vandepaer, conseiller communal représentant le PTB.

Premier sujet qui fut abordé : le renouveau du centre-ville herstalien, la ville constituant la quatrième agglomération de la province et ayant connu des heures difficiles marquées par un déclin industriel. "Il est important de relancer l’attractivité de cette ville", a d’emblée souligné le bourgmestre, et ce dans une optique d’améliorer du cadre de vie. Du côté du MR, on s’est dit en accord avec les constats effectués tout en affichant "une divergence de vues". Et d’évoquer plusieurs freins dont celui constitué par les additionnels à l’IPP qui sont parmi les plus élevés de Wallonie. "Il y a une marge de manœuvre communale pour augmenter le phénomène de retour de la classe moyenne à Herstal", a estimé Adrien Croisier.

La question du logement social, jugé insuffisant par le PTB, a également été évoquée. "Le renouveau de Herstal va-t-il bénéficier à la population ?", s’est interrogé Johan Vandepaer, lequel a épinglé les 29 millions d’euros qu’aura coûté la rénovation du centre. "Il y a plus de 2 000 nouveaux habitants mais le nombre de logements sociaux a diminué de 1 900 à 1 724". "Notre ambition est d’assurer une mixité sociale avec une classe moyenne qui trouve sa place", a réagi le maïeur herstalien, évoquant une dynamique de solidarité qu’il dit avoir insufflée.

Le parking, ce dossier épineux

Quant à la présence récente de la Ville au Mipim cannois, "il ne s’agit pas du tout de bling-bling", à en croire ce dernier, lequel a évoqué les "masters plans" en cours de réalisation et insistant sur le fait que "la rénovation du centre n’est pas terminée". Si l’ambition retrouvée de Herstal est partagée par le MR, Adrien Croisier a mis en doute le fait que la nouvelle maison communale était l’investissement le plus utile et a insisté sur la nécessité d’une ambition raisonnable. Concernant le dossier épineux du parking, "on a voulu redynamiser le centre en faisant payer le parking et il aurait fallu faire l’inverse", a souligné ce dernier.

De son côté, le bourgmestre a rappelé l’objectif poursuivi par le système choisi, reconnaissant que "tous les choix de départ n’ont pas été idéaux". Toujours sur ce sujet, la concession à une société privée, en lien avec la Régie communale autonome, a été défendue par le MR, lequel a toutefois mis en évidence les errements de la Ville, mais pas par le PTB, rappelant l’opposition citoyenne.

L’économie a également occupé une place importante dans le débat. À la question "faut-il penser l’après FN ?", Frédéric Daerden a répondu qu’il n’y pensait pas du tout. "La FN est une fierté des Herstaliens et il faut tout faire pour qu’il n’y ait pas de fermeture". Quant à une éventuelle privatisation, elle ne serait visiblement plus à l’ordre du jour, ce dont se sont réjouis les participants. "On ne doit pas politiser ni instrumentaliser le débat", a souligné Adrien Croisier, faisant référence à une motion récente du Conseil communal.

 Les déclarations rapportées dans cet article ont été recueillies au cours de l’émission "Le débat politique" réalisée jeudi par RCF Liège et La Libre Belgique/Gazette de Liége. L’émission sera rediffusée samedi à 13h15 et dimanche à 18h15. RCF se reçoit sur 93.8 FM en région liégeoise. On peut aussi écouter ou podcaster via https ://rcf.fr/actualite/rcf-la-libre-le-debat-politique. La semaine prochaine : Seraing.


Vers une reconduction de la majorité actuelle

Outre la FN Herstal, laquelle participe au commerce des armes, celui lié à l’extension du zoning des Hauts Sarts, le plus important de Wallonie, a aussi été abordé. "On doit être fier de ce zoning", a souligné le bourgmestre de Herstal, lequel a chiffré à 10 000 le nombre d’emplois. "On consacre 25 % de notre territoire à l’économie", a précisé ce dernier, défendant l’extension à venir sur le territoire d’Oupeye mais en améliorant la mobilité. Quant au sort à réserver aux terres agricoles au détriment du développement économique, il a insisté sur la volonté unanime du Conseil communal d’une utilisation optimale de l’espace.

Sur ce dossier comme sur d’autres, on a constaté une convergence de vues, surtout entre le PS et le MR. Ce qui n’empêche que le PS de Frédéric Daerden a décidé de faire liste commune avec EPH (ex-CDH), "dans une logique de transparence vis-à-vis de l’électeur" si l’on en croit ce dernier. "Cela fait 12 ans que l’on travaille dans une majorité de gauche et nous sommes dans une logique de continuité". "Ce qui est présenté comme une volonté de clarté et de transparence était déjà une réalité en 2012", a relevé Adrien Croisier, pour qui il s’agit de "sauver un partenaire malade".

À la question posée de savoir si le PTB fait peur à Herstal, lui qui y avait performé lors des précédentes élections, Johan Vandepaer a répondu par la négative. Et d’égrener avec quelques difficultés le programme qui est celui de son parti, à savoir les 30 heures, une fiscalité plus importante pour les plus riches… Au rayon local, l’emploi constitue sa première priorité. "Le PTB offre une autre image de ce qu’il s’est passé à Publifin", a-t-il épinglé, ce à quoi tant le PS que le MR ont réagi. "Herstal a été à la pointe du combat et la Ville a été la première à voter une motion réclamant une commission d’enquête", lui ont rétorqué Frédéric Daerden et Adrien Croisier