Gazette de Liége

La cour d'assises de Liège a entamé lundi le procès de Bejtula Cej (35 ans), Mufail Vrella (31 ans) et Agim Arifi (43 ans), trois Kosovars accusés du meurtre d'un de leur compatriote, Damir Tanovic. La défense de Bejtula Cej a réclamé le huis clos pour les débats pour garantir la sécurité de son client et de sa famille. Bejtula Cej bénéficie du statut de témoin protégé dans des dossiers criminels en Belgique et sa comparution devant la cour d'assises fait l'objet de mesures de sécurité spéciales: palais de justice liégeois sécurisé et prises d'images interdites dans la salle d'audience.

Me Nève estimait que son client ne pourrait, avec la publicité des débats, expliquer la situation qui est la sienne ou faire entendre ses proches sans que leur sécurité soit menacée. La cour a écarté cette demande. Le procès se déroulera en audience publique mais certaines demandes spécifiques pourraient être introduites par la défense.

Les faits examinés se sont déroulés le 28 septembre 1999 lors d'une fusillade à Liège à l'occasion d'une transaction de plusieurs milliers d'euros (50000 à 100000 anciens DM) portant sur des visas d'entrée sur le territoire Schengen. Après un rendez-vous manqué à Düsseldorf, les protagonistes s'étaient retrouvés à Liège.

Dans son acte de défense, Me Nève a différencié la scène en deux fusillades distinctes. Cej était porteur d'une arme mais n'aurait participé qu'à la fusillade de moindre importance dans laquelle le passager de Damir Tanovic n'a été que légèrement blessé. Selon la défense, c'est Vrella qui a tiré sur Tanovic et Arifi. Elle a également relevé que Tanovic portait des traces de poudre sur les mains, démontrant qu'il avait lui aussi utilisé une arme à feu.

La défense de Vrella, Me Berwart, prétend qu'il reste bien des points à éclaircir. Son client n'était que l'intermédiaire dans la transaction de vente de visas, pour laquelle Tanovic était le vendeur et Cej l'acheteur. La défense a rappelé que son client, blessé par Arifi lors de la scène, est partie civile dans le dossier. La journée s'est clôturée par l'audition des enquêteurs et du juge d'instruction.

© La Libre Belgique 2006