Gazette de Liége

C’était en octobre 2012, la Société régionale du transport (SRWT) et le Tec Liège-Verviers présentaient officiellement le premier bus hybride de la flotte liégeoise qui était testé anonymement sur la ligne 48 depuis plusieurs mois. Cet Hybribus est doté d’un moteur hybride combiné (diesel et électrique rechargeable) unique au monde, mis au point par la spin-off liégeoise Green Propulsion. Lors de cette présentation, l’administrateur de la SRWT, Jean-Marc Vandenbroucke, déclarait que l’Hybribus répondait "parfaitement aux exigences fixées". Et l’on ajoutait que le Tec Liège, qui devait renouveler en 2013 une partie de sa flotte, envisageait "sérieusement l’achat de bus hybrides".

Un an et demi plus tard et dans la perspective d’une volonté de la Ville de Liège d’encourager des projets axés sur de la mobilité électrique (on pense notamment au séminaire des étudiants de HEC, évoqué à plusieurs reprises dans la "Gazette"), verra-t-on prochainement d’autres bus hybrides rouler en Cité ardente ? Eh bien, il semble que ce ne soit pas pour demain, comme l’explique Stéphane Thiery, le directeur du marketing de la mobilité durable de la SRWT. "La phase de test de l’Hybribus n’est pas finie. Cela prend un certain temps de s’assurer de sa fiabilité totale au niveau des pannes, du comportement des batteries, de sa consommation, de la pollution générée ou du confort de conduite. Et ensuite, il faudra encore obtenir l’autorisation du SPF Mobilité pour sa mise en circulation officielle", annonce-t-il. "Il n’est pas à l’ordre du jour de passer à court terme des commandes en masse pour des bus hybrides, à cause du coût encore trop élevé (300000 euros contre 200000 pour un bus diesel standard, ndlr) et du fait qu’il faudrait trouver un partenaire industriel pour la production des véhicules."

Namur pourrait être servi avant Liège

La SRWT se dit toutefois "ouverte" à la technologie hybride. "Nous devons passer des commandes pour de nouveaux véhicules sur le réseau wallon et nous étudions, sur demande de la Ville de Namur qui souhaite une réduction des émissions de polluants par les véhicules, la possibilité d’acheter treize bus hybrides qui circuleraient dans l’hypercentre dès 2016. Nous n’avons pas reçu ce type de demandes de la part de villes ou communes liégeoises", indique Stéphane Thiery. Le directeur du marketing précise encore que l’Hybribus, propriété de la SRWT, pourrait même être prêté à une autre ville au terme de sa phase de test. Il n’y aurait alors plus aucun bus à motorisation plus propre dans les rues de Liège.

Du côté de Green Propulsion, on ne se décourage pas. "Nous sommes actuellement occupés à étudier comment améliorer les paramètres de poids, de consommation, de fiabilité et de coût de l’Hybribus. Il restera tout de même plus cher qu’un bus standard", signale Yves Toussaint, le directeur exécutif de Green Propulsion. La société liégeoise a de l’ambition. "Pour l’instant, il n’y a qu’un prototype d’Hybribus et nous sommes incapables de répondre à d’autres demandes mais on y travaille. Nous comptons produire ces motorisations hybrides en série à Liège. Nous sommes en discussions avec deux constructeurs de bus et notre objectif est de nous ouvrir aux marchés étrangers", révèle le directeur.