Gazette de Liége

Si le profil des écrivains publics de Verviers est plutôt varié (âge, sexe, actifs, chômeurs, retraités ), une constante émerge : l’envie d’aider son prochain. Jeanine, pensionnée, a fait carrière dans la fonction publique et une organisation syndicale. Cette femme engagée avait créé, il y a 20 ans, la section verviétoise de la Ligue des droits de l’homme. "A l’époque, je rédigeais déjà des lettres pour des personnes et je les orientais vers des services d’aide. Mais je faisais cela sans formation. J’ai donc eu envie de suivre celle du Pac. J’y ai appris que je ne devais pas écrire pour mais avec les gens. On travaille ensemble et nous sommes sur un pied d’égalité." Depuis le mois de juin, elle tient une permanence au Centre femmes et hommes de Verviers. "Peu de gens osent encore pousser la porte mais le public, tout comme les requêtes, sont variés. J’aime le contact humain. Ces rencontres sont très enrichissantes; des liens, certes éphémères, se créent mais les gens s’ouvrent à vous Je suis contente de pouvoir les aider et ce métier me permet de mieux comprendre certaines situations. Et puis, il y a les petites victoires, comme cette dame qui a trouvé du travail après avoir rédigé ensemble des lettres de motivation."

Le parcours de Ciara, qui tient deux permanences (à Verviers et Ensival), est assez atypique. Cette mère de famille de 54 ans a repris des études quand ses enfants ont été grands. "Je n’avais qu’un diplôme d’école primaire. J’ai suivi une formation d’accompagnateur culturel et une autre de secrétaire administrative. Et comme j’aime lire et écrire, j’ai entamé la formation du Pac." Cette amoureuse de la langue française, déplore le manque d’intérêt et de formation des jeunes. "Ils ne lisent plus, n’écrivent plus et la formation scolaire n’est pas assez rigoureuse. Pourtant, la liberté vient de la maîtrise de la langue." Les permanences ouvertes par Ciara ne rencontrent pas encore le succès escompté : pas un seul usager à l’horizon depuis février. Mais l’envie d’aider les autres est intacte. "Je souhaite vraiment donner un coup de main à ces personnes et j’aimerais même dépasser le cadre de mes fonctions d’écrivain public. Ce qui m’énerve le plus, c’est que les gens ne connaissent pas leurs droits. Mon rôle est aussi de les en informer."