Gazette de Liége

Seul un œil averti peut repérer les nombreuses dégradations dont souffre la vénérable cathédrale Saint-Paul de Liège. Elle connaît des problèmes de toiture et de charpente qui, s’ils ne mettent pas immédiatement ce fleuron de notre patrimoine religieux en péril, pourraient bien être irréversibles si des travaux ne sont pas rapidement entrepris. C’est pour cette raison que la fabrique d’église a commandé une étude à un bureau d’architectes hyperspécialisé en la matière afin de poser un diagnostic précis.

"Cette phase d’études a démarré en juillet et devrait s’achever dans un an, un an et demi, annonce Adrien Maertens, le régisseur de la cathédrale. La mission des architectes est, dans un premier temps, de rédiger une fiche d’état sanitaire du bâtiment et de réaliser un rapport d’audit qui définira la philosophie de la restauration. La cathédrale est un monument classé depuis 1936. On devra donc suivre un cahier des charges rigoureux."

Entre 1850 et 1914, l’église avait déjà subi de nombreuses restaurations et modifications, sous la conduite de l’architecte Jean-Charles Delsaux, et la tour a été refaite en 1980. Mais depuis, le temps a fait son œuvre. "Nous connaissons des problèmes d’infiltrations d’eau, à cause du mauvais état de la toiture. Si elles ne sont pas très importantes, elles sont néanmoins régulières. Ces fuites ont endommagé les plâtres et les peintures des voûtes, déjà mises à mal par les fumées des bougies et l’utilisation par le passé de braseros pour le chauffage", ajoute-t-il. Selon le régisseur, les poutres des toits sont encore en très bon état mais les boiseries et les ardoises sont en fin de vie et doivent être changées. La maçonnerie et les pierres extérieures devraient également faire l’objet de travaux de consolidation et de nettoyage. "Les pinacles ont bougé lors du tremblement de terre de 1983 et certains ont dû être attachés. Les traînées noires que l’on observe sur les pierres, surtout sur la façade côté place Cathédrale, sont l’effet d’une réaction chimique à la pollution atmosphérique. Cela vaudrait vraiment la peine de les nettoyer."

Autre volet important de ce chantier à venir : la restauration des éléments de décoration. "Un des éléments majeurs serait de réinstaller dans la cathédrale le vitrail de Léon d’Oultres, qui date de 1530, et qui, pour des raisons de sauvegarde du patrimoine, a été démonté et stocké dans le Trésor il y a une bonne vingtaine d’années. Il est en très bon état et nous nous réjouissons de le revoir à sa place." La restauration des orgues et des vitraux modernes est aussi au programme.

Quant au budget et à la durée des travaux, Adrien Maertens reste prudent. "Il est trop tôt pour avancer des chiffres. Le chantier sera d’une telle ampleur que l’on peut légitimement tabler sur une bonne dizaine d’années pour tout achever. Le coût reste à déterminer. La Région wallonne participera à hauteur de 95 %." Selon certaines sources, la restauration complète de la cathédrale coûterait au moins 12 millions d’euros.