Gazette de Liége

Après l'annonce, le 11 mai, d'une participation de 16 millions d'euros par le gouvernement wallon au projet de requalification de la plaine de Droixhe, le ministre (CDH) du Logement, André Antoine, rencontrait vendredi quelques locataires concernés, avec Maggy Yerna, échevine (PS) du Logement et Willy Demeyer, mayeur PS.

Outre la somme de 16 millions «non négligeable, qui fait partie d'un montage financier colossal, qui a pris du retard à cause de la dette du passé de la Maison liégeoise», a noté André Antoine, la Région a donné son feu vert pour le projet de requalification dans son ensemble et a validé le schéma du partenariat public-privé présenté par la Ville. Pour rappel, cette dernière compte créer une régie communale autonome -première du genre en Belgique- s'articulant en une filiale publique et une sous-filiale mixte, composée quant à elle de la Société wallonne du logement et de partenaires privés.

Changement de méthode

La requalification, déjà entamée, des 1 800 logements sociaux, dont 856 seulement sont occupés à ce jour, va donc se poursuivre avec l'aval du gouvernement. La société Atlas, jusqu'à présent chargée du dossier, sera dissoute dès le 29 mai prochain. Ses employés -une quinzaine, dont la moitié provenaient de la Maison liégeoise-, devraient réintégrer la société de logement. Des licenciements en vue? «Leur avenir dépendra du rapport final du commissaire spécial chargé de rétablir la perspective financière de la Maison liégeoise, qu'il doit rendre pour fin juin», détaille le ministre.

Au cours des semaines précédentes, certains locataires avaient exprimé leur mécontentement face à la tournure des travaux. Locataires de l'immeuble Libération, aujourd'hui rénové, et de deux des cinq immeubles Truffaut -face à la Meuse- en cours de rénovation, ils avaient pointé les conditions de rénovation, celle-ci se faisant alors qu'ils continuaient à vivre dans leur appartement. Le tout sous la supervision d'une équipe de sociologues de l'université de Liège.

Mais la formule a été revue pour la suite des événements. «Pour les trois immeubles Truffaut restant, où les travaux débuteront dans les mois à venir, nous proposerons aux locataires soit de déménager définitivement dans un appartement déjà rénové, soit de s'installer provisoirement dans un logement non rénové, lui», explique Maggy Yerna qui «fera tout» pour obtenir du gouvernement un accompagnement social.

André Antoine a posé un bémol: «Si le locataire social a des droits, il a aussi des devoirs et nous demandons à chacun de la compréhension, du dialogue ainsi qu'un coup de main, une solidarité de voisinage en vue des déménagements.»

Chaque locataire se verra attribuer un chèque-déménagement de 400 euros afin de minimiser les coûts que lui implique cette requalification «qui débouchera néanmoins sur un nouveau cadre de vie, bien plus agréable».

© La Libre Belgique 2006