Du jazz, du blues, de l’inouï

P.V. Publié le - Mis à jour le

Gazette de Liége

L’ambiance incomparable de Comblain-la-Tour, le talent des musiciens, le soutien des médias nous encouragent à répondre positivement à la demande des nombreux fans et à prolonger l’aventure". A entendre ses organisateurs, au premier rang desquels Nicole Widart, qui préside aux destinées de l’ASBL ComblainSundays, le festival de jazz quasi mythique des bords de l’Ourthe, relancé en 2009 après une éclipse de plus de quatre décennies, est franchement bien reparti. Il passe même cette année de deux à trois jours. Les premières notes chatouilleront les oreilles dès le vendredi 6 juillet en fin de journée, les dernières le dimanche 8 au soir (ou plutôt le lundi 9 au matin). Entre les deux, vingt concerts.

Le programme ? Eclectique à souhait, surfant allègrement sur les genres comme sur les époques, conformément à la formule en vigueur depuis quatre ans. Dans le registre classique, le festival, dans lequel l’Office du tourisme de Hamoir est aussi partie prenante, accueillera Mc Coy Tyner et Ravi Coltrane, le fils de John, en hommage à ce dernier et au concert, resté dans les mémoires, qu’il donna en 1965 sur le grand pré comblinois. Mc Coy Tyner en était, lui qui joue et compose aujourd’hui dans la cour des plus grands. Ravi, par contre n’était pas encore né. Ce fut, de l’avis de Jean Pol Schrœder, "une des plus belles pages" dans la saga du premier festival, une des grandes réussites de son père fondateur, l’ex-GI Joe Napoli.

Autre vétéran mais toujours bien vert : le bassiste Steve Swallow. Il était à l’affiche à Comblain en 1966 avec Stan Getz et il y reviendra cette année pour accompagner, avec le batteur Adam Nussbaum (lui aussi passé par l’écurie Getz), l’étoile montante du piano anglais Gwylim Simcock. Le Trio Troisfontaine, qui a également connu l’ère Napoli et qu’on avait revu pour le 50è anniversaire, sera lui aussi présent, cette fois avec Félix Simtaine à la batterie (remplaçant Tony liégeois indisponible) et Daniel Pollain au saxo (guest).

A côté des grands classiques, représentés également par Greg Houben, le blues, on le sait, a aussi ses entrées au parc Biron. L’illustreront notamment Beverly Jo Scott, issue du Sud profond des States, et Lightnin’Guy and the Mighty Gators, venus de Flandre. S’y ajouteront les musiques dites "inouïes", de fusion ou d’innovation. Il y aura MixTuur, Rêve d’éléphant Orchestra et Babelouze avec leur dénominateur commun, le chanteur et multi-instrumentiste Michel Massot. Il y aura les électro jazzmen polonais de Pink Freud ("Une énergie à toute épreuve !", assure Nicole Widart). Il y en aura d’autres qui brassent résolument les styles comme Zizalie&Jazz Sweet Jazz, Too Much&The White Nots, Squeezeband (Chico Freeman, Reto Weber) ou encore Mistico Mediterraneo (les chants corses d’A Filetta avec la trompette de Paolo Fresu et le bandonéon de Daniele di Bonaventura). Mais la palme de l’originalité reviendra sans doute à... Jean Galler qui, déjà maître dans l’art de marier le chocolat avec le vin ou les épices, viendra ici le conjuguer à l’univers sonore du Trio Cardamome (jazz, classique et world).

Comme précédemment, de tout jeunes musiciens, sélectionnés lors d’un concours organisé en amont, auront l’occasion de se produire devant le public pointu de Comblain.

Signalons en outre qu’à la place du petit chapiteau, une grange in situ aménagée permettra de terminer les soirées "dans une ambiance club plus cocoon que sous chapiteau". Et puis, on sait assez qu’il peut faire froid en juin-juillet

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