Gazette de Liége Le débat politique RCF-La Libre-La DH a analysé les résultats du scrutin.

Les élections communales et provinciales ont eu lieu dimanche dernier, et si des négociations sont en cours dans plusieurs grandes villes dont Liège afin de former une majorité, une série d’enseignements peuvent être tirés de ce scrutin. C’est donc une émission quelque peu particulière que proposait jeudi soir le débat politique organisé conjointement par l’antenne liégeoise de la Radio chrétienne francophone (RCF) et les journaux du groupe IPM (La Libre et La DH). Une émission en mode "café du commerce" qui avait pour objectif d’analyser et de décrypter les résultats.

C’est par une analyse globale de la situation politique à la suite de ce scrutin, lequel concernait 589 communes en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles, que le débat a débuté. Et Pierre Verjans, politologue de l’ULiège, de faire référence aux projections émanant du Crisp et relatives à ce que pourraient donner les résultats provinciaux sur les élections fédérales de 2019. "La majorité actuelle ne l’aurait plus", a-t-il indiqué, précisant que cela a confirmé la tendance historique qui veut que "la Flandre est plus à droite et la Wallonie est plus à gauche." Un focus a été fait sur la Flandre où le Vlaams Belang a performé au détriment de la N-VA alors que le CD&V reste assez fort.

Quant à la situation à Bruxelles, la déroute libérale a été évoquée. "Le MR dominant à Bruxelles, cela a varié au fil du temps", a toutefois souligné Pierre Verjans tandis que Maxime Counet, assistant en Sciences politiques, a pointé une perte importante de bourgmestres. Une "grosse vague Écolo" et une "petite vague PTB" ont également été épinglées au niveau bruxellois, le niveau wallon ayant été marqué par une tendance semblable. "Le PS reste le parti numéro un en Wallonie mais il a perdu énormément", a mis en avant Pierre Verjans, évoquant aussi la chute importante du CDH. "MR et CDH payent leur participation au pouvoir", a souligné Maxime Counet.

Reconductions de majorité absolue

L’élection communale dans notre province a été abordée en débutant par Liège où le bourgmestre se comporte en formateur. "En l’absence de majorité alternative contre lui, il peut prendre son temps", a remarqué Pierre Verjans, pointant le fait qu’il met le dossier des pensions sur la table. Une part de stratégie a aussi été envisagée alors que seuls deux majorités semblent possibles. La situation de Verviers où le PS a performé et où une coalition est déjà sur pied a également été abordée. "C’est peut-être plus l’échec du CDH que la réussite des autres", a estimé Pierre Verjans à cet égard.

Le cas de Huy et "le retour à la situation dominante du PS" ont été discutés comme celui d’autres communes, une tendance lourde étant constituée par la reconduction de majorités absolues ou de coalitions sortantes (sauf Oreye et Villers). Le débat s’est clôturé en évoquant le cas des femmes bourgmestres et de l’élection provinciale, des négociations étant en cours. Quant à un éventuel effet Publifin, il a touché - à en croire les politologues sur le plateau - l’ensemble de la Wallonie et pas forcément la province de Liège (si ce n’est à Olne ou encore à Engis).

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