Gazette de Liége

Dans quelques mois, les AEL (Archives de l'État à Liège) fêteront le 20e anniversaire de leur arrivée dans le nouveau bâtiment spécialement construit à Cointe pour les accueillir. Après le palais des princes-évêques (1796 à 1930), l'ancienne gare de marchandises de Jonfosse (1930 à 1988), les Archives disposaient enfin d'un bâtiment fonctionnel, conforme aux normes archivistiques internationales et adapté à leurs besoins.

Au sommet de la colline de Cointe, le bâtiment fait le bonheur des chercheurs, par un accès facile (bus, autoroute, grand parking), un équipement efficace et un accueil particulièrement aimable de la part du personnel. Le nombre de visiteurs (étudiants, généalogistes, historiens, chercheurs) est en constante évolution. Il est actuellement d'environ 9000 visites par an pour la consultation de près de 20 km d'archives !

D'une manière générale, les archives d'État civil sont apparues vers 1796. De 1624 à 1796, on possède les registres paroissiaux. Avant cela, il faut consulter les "sources complémentaires". Par exemple : les archives d'abbayes, de couvents, cathédrales ou les matrices cadastrales, cours de justice et actes notariés. Les archives de l'Ancien régime comprennent celles des anciennes principautés de Liège et de Stavelot-Malmedy, du duché de Limbourg et des Pays d'Outre-Meuse. A ces fonds d'archives de l'Ancien régime s'ajoutent les archives nationales liégeoises (de 1796 à 1815), royales (sous le régime hollandais 1815-1830) et enfin les Archives de l'État à Liège, appellation qui remonte à 1851, avec les archives contemporaines des services extérieurs des ministères fédéraux, des instances judiciaires, des communes, des paroisses de même que des archives privées de personnalités (comme celles du comte Clerdent), de familles (Mercy-Argenteau, de Lannoy...) et d'entreprises (Cockerill, Cuivre et Zinc, Vieille-Montagne, charbonnages...).

Il convient de sensibiliser, notamment les responsables d'archives dans les communes et les presbytères sur la manipulation des anciens documents et même de ceux qui demain pourraient constituer des archives intéressantes. Lors d'une journée d'étude aux Archives de l'État, il a été bien souligné qu'il ne fallait pas confondre stockage et archivage. Aujourd'hui, toutes les archives du royaume font l'objet d'un encodage informatique en règle. Dieu merci, le même logiciel est utilisé pour toute la Belgique. Un détail qui prend toute son importance dans l'actuel contexte politique. Mais il convient aussi de manier l'informatisation avec prudence. Par exemple, dans un registre d'inscription de la population qui serait informatisé, si un habitant déménage, il suffit d'effacer l'ancienne adresse et de taper la nouvelle. Dès lors, on ne pourrait plus suivre la trace du personnage.

A Liège, l'Asbl Celida (Centre liégeois de documentation archivistique), fondée en 1987 et actuellement présidée par le député MR Olivier Hamal, vient compléter le travail des AEL. A son programme, la valorisation du patrimoine archivistique par des expositions, conférences, colloques, visites. Et aussi l'engagement de personnel supplémentaire grâce à certains subsides de la Région wallonne mais, surtout, aux cotisations de ses membres. Les services des Archives de l'État à Liège sont accessibles à tous. Et des "Histoires de chez nous", il y en a à profusion dans les collections du bâtiment de Cointe.

1- Celida ou Archives de l'Etat à Liège : Bruno Dumont - Rue du Chéra, 79, 4000 Liège. Rens. Tél.04.252.03.93. ou Mail : archives.liege@arch.be