Gazette de Liége

Mieux vaut être prévoyant lors de l'inscription préalable (obligatoire) aux croisières mensuelles Liège-Maastricht qu'organise le Domaine de Blegny-Mine. Vous devez tout payer d'avance et même savoir si, à midi, vous vous laisserez tenter plutôt par le croque-monsieur ou par le cornet de pâtes.

On embarque à bord du Pays de Liège à 9 heures 30, près de la passerelle Saucy. Louable attention : à l'arrivée, les passagers qui ont réservé un petit-déjeuner trouvent des jus de fruit sur leur table. Mais ils ne savent pas que cette boisson les aidera surtout à supporter la lenteur du service...

A 10 heures, alors que les amarres ont été larguées, le personnel s'active enfin... pour servir des clients qui ont commandé des bières. Finalement, on ira le chercher nous-mêmes au bar, notre petit-déj', faute de quoi on risquerait fort de devoir le prendre en même temps que le dîner. Peut-être faudrait-il, au Pays de Liège, adopter la formule du brunch...

Les temples du luxe

Enfin, nous naviguons, c'est l'essentiel. Sous l'angle nouveau que le regard leur confère depuis le lit de la Meuse, les paysages urbains, industriels, naturels se succèdent. On s'engouffrera bientôt dans l'écluse de Lanaye. S'il ne faut pas y faire la file, le voyage durera 2 heures 30.

Parmi les améliorations à apporter à la formule, la plus importante concerne la durée de l'arrêt à Maastricht. Quand vous débarquez à 12 heures 30 avec pour consigne d'être de retour à 15 heures 30, vous savez déjà que le temps vous sera beaucoup trop mesuré. Pourquoi ne pas repartir deux heures plus tard ?

Place au shopping, et vite donc. Si nos voisins hollandais sont attirés dans l'ardente Cité par les brocantes et le marché de la Batte, les Liégeois, eux, mettent plutôt le cap sur le chef-lieu du Limbourg hollandais quand ils ont des achats de luxe en vue. Il est vrai qu'en termes de boutiques design, de galeries d'art, de bijouteries, d'antiquaires, de magasins de mode..., Maastricht évoque plus l'avenue Louise de Bruxelles, l'avenue Lippens de Knokke ou le Meir d'Anvers que nos rues Cathédrale ou Saint-Gilles !

Mais si le choix est bien au rendez-vous, les produits proposés n'ont, pour la plupart, rien d'introuvable sous nos cieux. Et si les prix, comme le dit la propagande touristique locale, sont sensiblement inférieurs à ceux pratiqués en Belgique, c'est dans une proportion plutôt modeste.

Reste le plaisir de déambuler dans les ruelles étroites aux façades séculaires comme la Stokstraat, la Havenstraat ou encore la Smedenstraat semi-couverte... L'art néerlandais du recyclage patrimonial s'y déploie, culminant à la Dominicanerkerk devenue une grande librairie (un prochain article de la présente série évoquera plus particulièrement ces réaffectations). Incontournable, bien sûr, est le complexe du Mosae Forum, achevé l'an dernier, entre la place du Marché et la Meuse, où chacun peut faire le plein de vêtements (le plus grand H&M des Pays-Bas) comme de mets raffinés.

Au retour, quelques croisiéristes d'un jour portent des colis et des sacs bien remplis. Beaucoup d'autres ont les mains vides, soit qu'ils n'aient pas déniché la perle rare, soit qu'ils soient venus non tant pour le lèche-vitrines que pour prendre, sur le fleuve, l'air, le soleil - généreux ce dimanche - et aussi un bon verre, voire plusieurs pour certains. Les éventuels accros des coffee-shops ne se sont pas déclarés.

Quant à découvrir les richesses culturelles de la cité de saint Servais, de Théodore Weustenraad et d'André Rieu, ce sera pour une autre fois. En trois heures, faut pas rêver !

Demain : la modernité muséale et architecturale de Maastricht